‹ Histoire des peintres de toutes les écolesChapitre 85 sur 136 · CH. BL · texte numérisé non relu

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vière, orné de fabriques, fut adjugé pour 230 livres. — En

Les beaux lableaux de Jean Bolli sont chers et rares. Eu 1792, époque à laquelle les productions des maîtres de l’école hollandaise n'avaient pas la valeur qu’elles ont acquis depuis, Le Brun portait à 500 louis le prix d’un beau tableau de cet excellent paysagiste.

Le mérite de Jean Bolli fut reconnu par tous les grands artistes ses contemporains et ses compatriotes, car les plus célèbres, tels que Berghem, Poelemburg, Wouwermans et Karel du Jardin, s’empressèrent, après la mort de son frère André, d’enrichirses compositions de ligures et d’animaux.

S'il en faut juger par le nombre de pièces gravées par les Daudet, dé La Bartlie, Bovinet, Niquet, Dultenofer, üequevauvilliers, l’ortier, etc., d'après les tableaux de Jean Bolli, sans parler des dix admirables eaux-fortes que nous devons àsa pointe fine et légère, ce peintre laborieux commelaplupart des peintres de son temps et de sa nation, a peint un grand nombre de tableaux, quoique mort à l’àge où nos artistes d’aujourd’hui commencent à peine à avoir quelque valeur.

L’Italie, où cet artiste séjourna longtemps, en possédait un grand nombre, avant que les Anglais, aux yeux desquels les tableaux de Jean Both rappelaient les grandes qualités de Claude Lorrain, leur peintre de prédilection, ne songeassent à les rechercher.

Cependant il est peu de galeries qui ne possèdent quelques tableaux de ce grand artiste.

Le musée du Louvre en a deux : un Défile entre des rochers escarpés, et un Soleil couchant. Ce dernier, qui fut vendu au roi par Le Brun, peut être regardé comme une des plus belles productions de Jean Both.

Dans le riche musée de Munich, on compte plusieurs paysages de Jean Both avec les figures de son frère André, de Wouwermans ou de Karel du Jardin. Dans tous on y admire un ton chaud, doré et lumineux. On y remarque surtout Mercure endormant Argus, tableau capital de l’effet le plus piquant. Descamps le cite comme le chef-d’œuvre du maître.

La galerie deDresde possède deux beaux paysages deJean Both; celle de Berlin en compte aussi quelques-uns, représentant des sites méridionaux ; mais le plus beau se trouve à la galerie de Copenhague.

Voici le relevé des prix auxquels ont été adjugés les tableaux de Jean Both dans quelques ventes célèbres.

En 1745, à la vente de M. le chevalier de La Roque, dirigée par Gersaint, deux tableaux de Both d’Italie, l’un gravé par Le Bas sous le Litre les Cowriers , l’autre représentant un Hiver, furent vendus 124 livres. — En 1773, à celle de Lempereur, un paysage de J. Both, Vue d'une ri¬

1 777, à la vente du prince de Conti par P. Remv, un paysage d'un coloris chaud, avec figures, fut poussé à G00 livres. — A celle de M. Poulain, un paysage coupé par une rivière où sebaignentdes femmes peintes par C. Poelemburg, fut vendu G01 livres. — Le même tableau, sept ans après, fut adjuge pour 1,000 livres à la vente du chevalier Lambert. — En 1817, h la vente du cabinet de Talleyrand-Périgord, une Vue prise dans un pays montagneux, s’éleva à 4,G30. — A celle de I.aperrière, receveur général du département de la Seine, en 1817, un paysage montagneux de J. Bolli, avec figures de son frère, tableau peint sur cuivre, 76 centimètres sur 57, fut vendu 11,030 francs. — En 1823, à la vente du cabinet du même amateur, un paysage ayant 89 centimètres sur HG, futadjugé pour 16,300 francs. — Un autre, catalogué sous le n° üo, site prix dans les Apennins, avec figures d’André Bolli, atteignit 11,G00 francs. — En 1832, à la vente du chevalier Erard, un paysage de Jean Both, n° GG du catalogue, fut vendu 13,600 francs. — Le n° 67, site montagneux, ne monta qu'au prix de 1 ,910 fr. — A la vente de la galerie de M. le duc de Berri, il y avait deux tableaux de J. Bolli. Le n° 42, Vue des Apennins, fut vendu 9,150 fr. ; le second, n° 43, 3,180 fr. Dans le premier, les figures élaientde Berghem ; dans le deuxième, elles étaient d’André Both. — Eu 1841, à la vente de M. Heris de Bruxelles, il y avait également deux Vues d'Italie ; le n° 4, qui était en 1822 dans la galerie de M. Delahanle, fut payé 14,800 fr.; le deuxième, n° 50, 3,050 fr. le premier sur toile ; le deuxième sur bois. — A la vente de M. le comte Perregaux, en 1841, un paysage de Jean Both, Soleil couchant, n° 5 du catalogue, atteignit le prix de 21,200 fr. — En 1843, vente Tardieu, un paysage montagneux fut poussé Îi 7,000 fr. ; le n" 9, paysage avec figures, à 2,100 fr., et le n° 10, paysage également avec figures, à 410 fr.

Les renseignements sont plus que sullisants pour établir qu’il y a un grand choix à faire dans les tableaux de Jean Bolli ; mais aussi que, lorsqu’ils sont d’une belle qualité, ils sc vendentaussi cherqueles Wouwermans, les Berghem et les Karel du Jardin.

Jean Both a peint sur toile, sur cuivre et sur bois; il a peint de grands et de pelits tableaux.

Le Brun allirme qu’un peintre du nom de L. V. Ludick a peint dans la manière de Jean Both, à tromperies amateurs.

Voici les signatures et marques que nous avons trouvées au bas des tableaux de ce maître, et des eaux-fortes qu’il a gravées.

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