‹ Histoire des peintres de toutes les écolesChapitre 87 sur 136 · ANDRÉ BOT II · texte numérisé non relu

ANDRÉ BOT II

qui publia la même année un Abrégé de la Vie des Peintres , ont raconté qu'Andréfioth était mort dans l’eau par punition du ciel, c’est-à-dire pour avoir, lui cinquième, noyé un ecclésiastique dans le Tibre1.

L'a R RA C II E U R DE DEXTS.

Nous avons démontré, dans la vie du Bamboche, l’invraisemblance de cette fable, contredite formellement 1 Joachim Sandrart, Academia nobilissimæ artls Pictoriæ, partis seeunclæ liber III, ch. XIX. Nuremberg, KiSd, in-fol.

ÉCOLE HOLLANDAISE

par les assertions de Joachim Sandrart, écrivain qui avait personnellement connu à Romeles frères Botlielle Bamboche. Florent Lecomte et Roger de Biles ont été évidemment entraînés par un excès de zèle et par ce plaisir, naturel aux historiens naïfs, de trouver une cause merveilleuse à des effets tout simples. Quoi qu'il en soit, la mort d’André Both se rapporte, selon Sandrart, à l'année 1650. Cette mort causa un tel chagrin à Jean Both, qu’ayant quitté Venise, dont le séjour lui devint insupportable, pour retourner à Utrecht, il y mourut en cette même année 1650, toujours suivant cet historien.

André Both, avons-nous dit, n'a pas été seulement l’auxiliaire du paysagiste, il a fait aussi des tableaux tout entiers de sa composition, la plupart dans le genre grotesque. Bien qu’il procède de J eau Miel et du Bamboche, il se distingue de ces maîtres par une intention comique très caractérisée. Dans ses figurines, notamment dans tes Cinq Sens, gravés d’après lui par Jean Both, ilaffecte des formes trapues etdes visages grimaçants, et par là il touche à la caricature; mais, dans ce sentiment, il est moins souple et moins spirituel que notre Callot. La Tentation desaint Antoine , qu’ÀndréBotha gravéed’aprèssapropre composition, présenteau surplus quelque chose de l’esprit clair et déluré des artistes français : rien n'y est mystérieux ou fantastique. Le diable, en pantalon, l’épée au côté, vient faire à l'anachorète ses propositions galantes, mais de la façon la plus joviale, ayant sur le nez les lunettes qu’il vient de dérober au saint homme, et laissant sortir de ses manches des ergotsquiconstâtentparl'aitementson identité. Du grotesque, André Both est quelquefois tombé dans l'ignoble, par exemple, lorsqu’il a voulu représenter le sens de l 'Odorat ; dans cette pièce, gravée par son frère Jean, on ne voit à regret que des saletés indignes d’occuper le pinceau de l’un et le burin de l'autre. Quantàsatouchecommepeintre, André Both estmoinsestiméque son frère etroste inférieur à Pierre de Laer et à Jean Miel ; sa couleur est jaunâtre et froide ; son faire, leste, facile et trop pratique, suivant le mot de Lebrun, est de nature à plaire aux artistes plutôt qu’aux amateurs, ceux-ci étant peu disposés ordinairement à aimer ces négligences heureuses qui étaient un des talents d'André Both. Cependant, c’est un simple amateur, Hagedorn, qui a dit en le jugeant: « J'ai vu trop souvent des peintres qui, de peur d'interrompre le fini et le poli de leurs compositions par des traits faciles, n'osaient pas risquer la moindre hardiesse dans le maniement du pinceau. Aussi, sans jamais atteindre à la délicatesse des Flamands, peignent-ils des tableaux sans esprit et des surfaces sans saveur. Au contraire, je trouve quelque chose de piquant dans les peintures d’André Both, où je vois un certain soigné combiné avec cette hardiesse de traits. » En ajoutant que cet artiste peut être regardé comme un Gérard Dow imparfait, Hagedorn ne me parait plus dans la justesse ordinaire deses appréciations. André Both est un peintre secondaire delaparentédu Bamboche etun graveur secondaire de la famille de Callot.

CUARLES BLANC.

mutilait et laimiitai

Dix pièces composent l’œuvre gravé d'André Both. Elles représentent des sujets burlesques, et sont exécutées d’une pointe grossière, mais facile. — Voici leurs titres :

1° L’Ermite; — 2° l'Anachorète; — 3° l'Anachorète ( planche plus petite) ; — 4° le Moine quêteur : — 5° les Pèlerins; — 6° les Buveurs; — 7° Buste d'Homme; — 8° Tentation de Saint Antoine; — 9° les Débauchés; — •10° les Ivrognes.

Cos dix estampes, à l’exception de celle qui a pour titre ; les loueurs, portent le nom de A. Both. Le n°3 est daté de 1032.

L’œuvre complet de cet artiste, en bonnes épreuves, se vend de 120 à 180 francs.

Les tableaux exécutés par André Both sont rares, et si l'on excepte les Cinq Sens de l'homme : la Vue, — TOuie, —

l'Odorat. — te Goût, — le Toucher (nous avons reproduit cette dernière pièce sous le litre de l’Arracheur de dents), dont son frère Jean Both nous a conservé les compositions en les gravant à l’eau-forte, nous ne voyons de ce maître que deux tableaux ïi la Galerie royale de Dresde : l'un représente un Nécromancien assis dans une grotte taillée dans le roc, lisant dans un livre en présence d'un spectre: l’autre un Charretier passant devant une hôtellerie située sur une hauteur.

Les tableaux d’André Both se sont produits rarement dans les ventes publiques, et n'y ont pas atteint le prix qu'ils méritaient peut- être : on ne voit guère, eu effet, les compositions de cet artiste dépasser 400 ou 500 francs.

Voici sa signature. relevée sur ses eaux-fortes.

JEAN W V ISA NT S (1610). :j

SOS tableaux, en lui donnant à peindre des figures dans les paysages où lui, Wynanls, ne savait peindre que les terrains, les arbres et le ciel?

Cette insuffisance à l’endroit des figures, Wynants la sentait si bien, qu’il fit tout pour s’attacher Van de Velde et Wouwermans, et leur confia le soin d'animer scs paysages en y faisant paître leurs \aches ou piaffer leurs chevaux. Mais celui des deux qui lui demeura le plus fidèle, ce fut Van de Velde. Aussi les figures du paysage de Wynants sont-elles le plus souvent de la main de son élève, et celte circonstance y ajoute assurément beaucoup de prix. Ces figures, on le devine, ne sont pas ambitieuses et de nature a absorber toute l'attention du spectateur. Ordinairement ce sont d’humbles scènes de bergerie, des pâtres qui mènent leurs bêtes à l'abreuvoir, des vaches que l’on va traire,

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