‹ Histoire des peintres de toutes les écolesChapitre 93 sur 136 · FERDINAND BOL · texte numérisé non relu

FERDINAND BOL

est, je eiois, celui qui a élé gravé par Suyderhoef et qui a été placé en tète do l'ouvrage contenant les plans, élévations et vues intérieures de 1 Hôtel-de-Ville. Van Campen fut sans doute l’ami de Bol: il est certain du moins qu'il apprécia la dignité de son talent, car il lui fit commander plusieurs peintures destinées à l'ornement de ce palais. Ferdinand Bol peignit, dans la chambre du conseil, {'Élection

des soixante-dix vieillards et MoUe présentant les tables de la loi ; dans la chambre des bourgmestres, fabnems.au camp de Pyn-hns. Ces morceaux ont été célébrés par Vondel en vers mythologiques, assez ddhciles a traduire même pour ceux qui savent le mieux le hollandais. Ce grand poète, tant admiré par ses compatriotes, a également vanté dans ses rimes les tableaux que Bol fut chargé de peindre pom 1 Amirauté, tableaux symboliques où tes divinités de la mer jouent le principal rôle. Il faut le dire, ce qui manque en général au disciple de Rembrandt, ce n'est pas l’expression des figures, mais leur mouvement. Sous ce rapport, la sagesse de sa composition va jusqu'à la froideur. C'est la remarque que nous faisions en parcourant le musée de Dresde, où se trouvent des morceaux de Bol d'une

ÉCOLE HOLLANDAISE

importance capilale, lels que Joseph présentant son père à Pharaon et un Repos en È'gjple. Dans ces tableaux où Bol parait, s’ètre efforcé de mettre un peu de style, ii est resté très inférieur, précisément pour avoir cherché une noblesse il laquelle il ne pouvait s’élever. Quand il se borne ù imiter la nature soit avec la brosse du peintre, soit avec la pointe du graveur, quand il fait un portrait, par exemple, ou bien qu'il aborde des sujets bibliques par leur côté humain, comme faisait Rembrandt, Bol se rapproche beaucoup de son maître. Son coloris, ordinairement rougeâtre dans les demi-teintes et un peu lourd dans les ombres, est quelquefois, par exception, plus vrai que celui de Rembrandt lui-même. Toutefois, si nous le comparons à ce grand homme, il nous représente aussitôt ce que Rembrandt aurait perdu de sa grandeur en se corrigeant de certains défauts qui étaient peut-être inséparables de son génie.

CHARLES BLA.NC.

Ferdinand Bol a gravé à l’eau forte, d'une pointe moins résolue que celle de Rembrandt, mais expressive et spirituelle, une vingtaine d’estampes dont Bartsch et Claussin ont donné le catalogue. Voici les principales:

Le sacrifice iV Abraham. Le patriarche est prêt à sacrifier son (ils, que l’on voit couché ; il est nu et ses mains sont liées avec une corde. Abraham est debout, tirant son couteau et regardant un ange qui descend du ciel. Ce morceau est cintré par le haut. < >n en distingue deux épreuves : la première est avant le nom de F. Bol; elle est chargée de barbes et fort rare.

Le sacrifice de Gédéon. Gédéon est à genoux vers la gauche. L’ange est debout vers la droite de l’estampe; il est vêtu d’une large robe blanche ; il lève la main droite et de l’autre allume le feu du sacrifice. Celte pièce est moins belle que la précédente. On en connaît trois étals. Le premier avant le nom de Bol; l'ange n’est indiqué qu’au trait. Le second est avec le nom Bol. F. tracé vers le haut de l’autel ; l’ange a la tète ceinte d’un ruban au-dessus du front. Le troisième est reconnaissable à ce que l’on a effacé le nom de Bol et le ruban.

Saint Jérôme dans une caverne. 11 est assis sur une butte vers la droite de l’estampe, considérant un petit crucifix qu’il lient des deux mains. Au-dehors de la caverne, un lion couché. Sur le devant, un grand livre ouvert. Audessous du livre est écrit F. Bol. f. Morceau cintré. Les anciennes épreuves présentent des saletés dans les coins du haut.

L'Astrologue. Il a une longuebarbe et porte un bonnetsur la tète. 11 est assis à une table sur laquelle on voit plusieurs livres, une chandelle et un globe. 11 tient une plume et îles lunettes. Morceau très rare. Bartsch l’avait attribué à Rembrandt.

Philosophe en méditation. 11 est assis et vêtu d'une robe avec un bonnet de MezeLin. Son bras gauche est appuyé sur une table où sont quelques livres et un globe. A la droite du fond paraît une bibliothèque. Ce morceau passe avec raison pour être aussi beau que s’il était de Rembrandt.

Vieillard ù barbe frisée. 11 est à mi-corps, vu de face, couvert d'un bonnet de Mezetin. Il porte une robe garnie de fourrures, et ses deux mains posées devant lui sur une canne. On lit au haut de la droite: F. Bol. f. 1642, le chiffre 4 est à rebours.

La femme à la poire. Elle parait à sa fenêtre tenant une

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poire de la main droite. C'est la pièce que nous avons lait graver ici. Elle est estimée et d'wn bel effet.

Vieillard en buste. Il est vu de face dans un ovale occupé par le haut, et il est couvert d'une robe fourrée attachée par une agrafe de diamants. Ce morceau, d’une grande rareté, est comparable aux plus belles eaux-fortes de Rembrandt.

L'Heure de la mort. Cette pièce, placée par Bartsch avec l’œuvre de Rembrandt, parait appartenir a Ferdinand Bol, et les connaisseurs n'en font point de doute. Elle représente à gauche un squelette qui tient un sable: du même côté, sous une tente, un vieillard appuyé sur une table et qui montre l’appareil de la mort à une courtisane richement vêtue et coiffée d’un chapeau à plumes. Elle est debout sur la droite de l’estampe et vue de profil. Le fond du sujet est un paysage orné de fabriques. On lit deux vers latins dans un cartouche posé sur le cercueil.

Le Musée du Louvre possède quatre tableaux de Ferdinand Roi : deux portraits d'homme, un Philosophe en méditation et des Enfants traînés dans un char par des chèvres.

On voit au Musée de la Haye deux portraits : celui ne fameux amiral Ruyter et celui de son fis, et au Mud’Amsterdam un autre portrait de l’amiral Buy ter e t celui du célèbre architecte Van Campen. Il y a des tableaux d- Roi au Musée de Berlin, dans la galerie de l'Ermitage. . Saint-Pétersbourg; à Munich, où l’on remarque un Sacr d' Abraham, sujet gravé pur le maître. — Musée de Dre di cinq tableaux de Bol, la plupart capitaux : un llepo • Égypte, le Songe de Jacob, Joseph présentant son peu a Pharaon, David remettant à Urie la lettre destinée à Jonb, un Philosophe et le Portrait de Bol par lui-même.

Vente du prince de Conti, 1777. Socrate. 601 liv.

Vente Galonné, 1788. Vertumne et Pomone. 261 liv.

Vente Leuolier, 1788. Trois enfants traînés par deux chèvres qu'un jeune homme conduit. 2,000 liv. C’est le tableau qui est aujourd’hui au Louvre.

Vente Morin, 1700. Beux belles têtes d'Iiommc et de femme. 600 liv.

Vente Paul Périer, 1843. Un Portrait d'homme. 860 fr.

Vente Perrégaux, 1841. Portrait d'homme, 2,050 fr.

Vente cardinal Fesch, 1845. Portrait de deux, époux. 256 scudi. — Portrait d'homme. 400'scudi, soit 2,160.

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