SALOMON RUYSDAËL
toiles une grande étendue de mer couverte de chaloupes et de bâtiments à voile, et terminée par des landes au bord desquelles sont des bestiaux et des moulins. La mer, Salomon la peignait avec beaucoup d’énergie et de talent, surtout lorsqu’il la représentait soulevée parla tempête et ballottant des barques de pêcheurs entre ses vagues jaunâtres et moutonnantes. Sur la palette de Salomon Ruysdaël, les tons de l'orage sont tout Irourés, car alors même qu il fait glisser des navires légèrement inclinés sur des bras de mer tranquilles et bordés de terres basses,, où l’on dislingue quelques hameaux, un clocher, un pavillon — c’est là le plus ordinaire motil de ses marines, — alors même, dis-je, qu’il peint le calme, on sent que l’orage n'est pas loin. Les nuées sont grosses de pluies; les eaux, lourdes et troubles, ont des reflets de plomb; les chaloupes qu on y voit passer n y dessinent point leur image et ne traînent avec elles qu’une ombre con l'use. Rien dans