‹ Histoire des peintres de toutes les écoles. Ecole hollandaiseChapitre 10 sur 239 · CZ ; TA · texte numérisé non relu

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D - Ta ysages, Om

JACQUES VAN DER DOES

NÉ

EN 1623. — mont EN 1673

Le nom de Van der Does, porté par plusieurs générations de

peintres, n'est resté célèbre parmi les amateurs que dans la personne de Jacques Van der Does le père. Sa vie, qui nous à élé racontée brièvement, comme toujours, par les biographes hollandais Houbraken et Campo Veyermann, nous fait voir que, dans l'histoire des peintres, on peut lire aussi bien l'histoire de lous les hommes; je veux dire que toutes les variélés du cœur humain se retrouvent chez les artistes et s'y peuvent observer, d'autant mieux que tout prend, chez eux, un caractère plus décidé, leur sensibilité excessive mettant en relief des qualités et des défauts qui seraient inaperçus dans les autres hommes.

Jacques Van der Does eut une humeur chagrine, un tempérament mélancolique et une disposition à la jalousie qui le rendirent insupportable à ses amis, ou plutôt qui éloignèrent

de lui tous ceux qui auraient pu le devenir, car il n'eut qu'un

ami, un seul, et ce fut justement un peintre qui ne lui ressemblait en rien, un artiste aussi gai, aussi

aimable que Van der Does était triste, misanthrope et sombre : ce fut Karel Dujardin. D'où l'on peut inférer plusieurs vérités morales et philosophiques : d'abord, qu'il n'est pas d'homme en ce monde, si mauvais qu'on le juge d’après les apparences, qui ne soit digne, au fond, d'avoir un ami; en second

lieu. qu'il v a dans les cœurs les plus farouches un côté qui plait aux caractères les plus doux et qui 1 ÿ I

les attire ; enfin, qu'il est impossible d'être absolument méchant et haïssable, quand on est artiste dans

quand on à la

la force du mot, c'est-à-dire quand on est accessible à la passion des belles cho F

faculté de comprendre, de sentir et d'aimerle moindre fragment de ce grand tout qui s'appelle la nature.

C'est à Rome que Dujardin et Jacques Van der Does se connurent. Nos deux Hollandais, au milieu d'un monde qui exerce toujours une si forte action sur les arts, étaient demeurés fidèles à leur pays, à

ses habitudes, à son goût dominant pour l'art familier et pour la nature. Dans cette voie, Van der Does

avait reçu la première impulsion de son père, Simon Van der Does, secrélaire de la Chambre des assu-

rances d'Amsterdam, et assez bon peintre de paysages et d'animaux. De l'atelier paternel Jacques Van der Does était passé dans celui de Nicolas Moyaert, et il y avait fréquenté quelques-uns des plus grands peintres de la Hollande dans le genre où il devait lui-même s'illustrer, c'est-à-dire Nicolas Berghem, Jean- Baptiste Weenix et peut-être aussi Karel Dujardin, dont le maitre n’est pas précisément connu. En

areille compagnie, Jacques Van der Doesne pouvait manquer de développer ses talents et d'être encours l l il PI

dans ses prédilections naturelles pour le paysage et les animaux. Il sortit de l'école de Nicolas Moyaert pour

nons français

faire, après tant d'autres, ce qu'on aurait pu appeler son tour d'Italie, comme nos comp:

faisaient leur tour de France. Bien qu'il appartint à une famille konnwte, suivant l'expression étrangement

consacrée dans les vieux livres pour désigner une famille aisée, Van der Does n'avait pour toute ressource que son pinceau à peine formé. Son père s'élant porté caution pour un ami avait élé ruiné, et Lué par le chagrin, il avait laissé ses enfants dans la misère. La peinture était donc pour Jacques Van der Does un moyen d'existence, lorsqu'à l'âge de vingt-un ans, en 1644 — il était né à Amsterdam en 1623 — il quitta

la Hollande, sans doute dans la pensée d'agrandir son horizon, d'achever son éducation de paysagiste et

de chercher fortune. Il passa par la France, s'arrêta quelque temps à Paris et partit de là pour Rome, où il arriva dans le plus profond dénuement.

On raconte qu'en débarquant dans cette ville, épuisé de fatigue et d'argent, le jeune peintre fut pris d'un tel désespoir qu'il résolut de s'enrôler dans les troupes du pape; heureusement qu'il rencontra

quelques artistes de ses compatriotes, auxquels il communiqua son dessein el la détresse qui le lui avait

ement et s’amusèrent beaucoup

. Ceux-ci le menèrent au prochain cabaret, le firent souper gras

suggé

e son ardeur belliqueuse. Le lendemain il fut présenté à la Société académique fondée à Rome par les peintres étrangers, et la bande joyeuse, le prenant sous sa protection, lui donna le surnom de Tambour,

\petite taille. Dès e

tant à cause de sa résolution martiale que de jour, le jeune aspirant des troupes du pape | J E

graphe,

put se livrer à ses études et à la pratique d'un art qu'il perfectionnait en l'exerçant. Au dire de son bio il parcourut, le crayon à la main, la ville de Rome et ses monuments, au dedans et au dehors; il faut

convenir que, de ses visites aux grands maitres et de ses promenades dans la cité de l'art et aux environs,

il reste bien peu de traces. Que le peintre batave ait élevé un moment son ambition jusqu'aux machines

historiques ou aux composilions religieuses, qu'il ait eu des velléilés de style, et que même, sans sortir du genre qu'il avait d'abord adopté, il ait été séduit par l’auguste caractère des ruines romaines et par cet aspect héroïque non seulement de la campagne de Rome, mais des sauvages troupeaux qui la traversent... rien n'est plus vraisemblable. D'Argenville parle même, comme de choses qu'il aurait vues, de certains tableaux à grandes proportions où Jacques Van der Does aurait traité avec bonheur des sujels relevés.

nes de vivre, car il est certain

Toutefois il est permis de penser que ces prélendus n'étaient guère dig que Van der Does n'est connu que comme un peintre d'animaux, et que, sans les assertions de d'Argenville, on n'aurait pas même soupçonné les tentatives que ce biographe trouvait si heureuses. Du reste, en se risquant dans le domaine de la grande peinture, Jacques Van der Does ne faisait qu'imiler, avec moins

de succès encore, les entreprises de son camarade Karel Dujardin.

JACQUES VAN DER DOES (1623) 3

Dans le temps que Van der Does était à Rome, on y parlait beaucoup d'un Hollandais qui, par sa verve, sa belle humeur et la spirituelle gaillardise de son pinceau, avait amusé infiniment la société des peintres et s'en faisait beaucoup admirer. C'était Pierre de Laer, que l’Académie avait surnommé Bamboche, et qui, à force d'esprit, était parvenu à exercer de l'influence même parmi les Romains, bien qu'il eût fail descendre la peinture dans une sorte de vulgarité jusqu'alors inconnue, ou du moins inacceptée parmi

eux. À plus forte raison, les ouvrages du peintre hollandais durent-ils séduire un jeune compatriote,

fraichement venu de Hollande avec des préférences naturelles pour les naïvetés de l'art. On assure que

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