HALTE DE VOYAGEURS
Les seuls ouvrages de Pynacker qui aient échappé aux révolutions de la mode et à Foubli sont ses tableaux de chevalet. Les amateurs les trouvent agréables, pleins d'effet, pleins de goût. Au milieu d’une collection de paysages, les siens ravivent l'attention, oceupent l'œil et lamusent. Chez lui, rien qui ne soit disposé pour étonner et séduire. Ses arbres, tachetés de mousses blanchâtres, présentent
alternativement dans leur écorce des parties lisses et des parties rug
euses. Quelquelois, renversés par la tempête ou par la cognée du bûcheron, ils forment l'avant-seène du tableau et font penser à Wynants. Ses premiers plans se hérissent de broussailles el de ronces, de manière à produire de
petits accrocs de lumière, à peu près de même que ceux de Both d'Italie. Ses animaux ne sont pas
posés simplement, ainsi que les voyait Paul Potter; ils se présentent le plus souvent en raccourci, dans des attitudes bizarres et des mouvements fugitifs. Ses figures ne sont pas observées avec
bonhomie ; elles trahissent ordinairement quelque intention du peintre, qui au lieu de les surprendre
et de les dessiner à leur insu dans l'ingénuité de leur action, les arrange de façon à intére
er notre
curiosité. Ses navires mêmes, bien qu'ils aient pour le spectateur toute la vraisemblance désirable,
paraïtraient imaginaires à des marins. Sa lumière ne vient pas, comme chez Claude Lorrain, des
profondeurs de la toile; elle n’émane pas du disque visible du soleil: elle frise le tableau de gauche
à droite où de droite à gauche, et en traversant ainsi la composition elle accidente les terrains,
enlève les figures, se heurte à chaque objet, accuse les contours qu'elle rencontre et donne à toute
chose du piquant, de l’imprévu, du relief. Enfin, comme si ce n'était pas as
ez de tant de moyens
réunis pour éveiller l'intérêt, artiste a souvent recours à un effet extraordinaire, par exemple à un
coup de foudre qui éclate au milieu d'une forêt, à travers laquelle s'enfuient les taureaux épouvantés.
Pynacker, on le voit, n'est pas un peintre naïf et (endre comme Van de Velde, gracieux comme
Dujardin, inquiet, rêveur et triste comme Ruysdael. Il est maniéré, spirituel, aimable et brillant.
Avec ces qualités il n'eut pas de peine à réussir. Plaire était son but : il y atteignit, et jusqu'à sa
mort, arrivée en 1675, il ne cessa de peindre gaiement et d'être vanté par ses compatriotes.
La postérité, aussi bienveillante qu'eux, ne reproche aux ouvra
peu lapprêt el
es de Pynacker que de sentir un
e rappeler en petit les décorations que Lant de fois il avait exécutées en grand.
Pynacker, en effet, n'a représenté de la nature que ses surfaces ; il n’en à point pénétré les beautés
secrètes, il n’en a qu'effleuré la poésie.
RPCINPR CNRS 261 904 y 68 JOJ US IL y EG oL JE)
Adam Pynacker à gravé à Feau-forte une seule estampe qui est extrèmement rare et dont aucun auteur n'a parlé avant Josi. qui en à donné la description suivante dans sa collection d'Imitations de dessins : « Vue d'un pays stérile. Au milieu s'élèvent des rochers d'où sort un ruisseau qui tombe en cascade. Sur le devant est une espèce de mélairie avec une vieille tour carrée, uche on près d'un terrain élevé. Le fond à droite est terminé par des montagnes: »—
voil un bouvier qui fait avancer deux bœu
e morceau à 4 pouces 2 lignes de haut sur 5 pouces 4 lignes de la
une épreuve qui ne la
Lord Aylesford en possédait sail rien à désirer,
A la vente du comte Rigal en AS17, il se trouvait une autre épreuve de celtéeau-forte. Elle provenait de Mariette. Elle fut vendue 345 francs.
Les tableaux de Pynacker sont assez rares.
Le Louvre en possède trois : — 1. L'Auberge. Une femme présente un verre de vin à un voyageur. Sur le devant, deux mulets el un muletier qui arrange des bagages ; auprès de lui une malle. Signé 4, Pynach 2, Pays et marine. À gauche une vicille (our dominant un | de mer. Un bâtiment à l'ancre; une felouque qui porte des voyageurs aborde au rivage.
Effet du soleil couchant. — 3. Paysage. Sur le devant un tronc d'arbre mort, un grand arbre et des plantes: au milieu une vache debout. Plus loin, un berger, une
Des pätres se reposent.
el leur troupeau: plus loin, une cabane, des "s, des chèvres, Signé À. Pynacker.
Musée D'Amsrenpan. — Vue sur une rivière d'Italie. Musée DE La HAYE. Paysage orné sur le devant de belles plantes, de deux grands arbres et d'un tronc renversé.
On trouve encore des pynackers dans les musées de Berlin, de Stockholm, de Dresde el dans la galerie du Belvedère à Vienne.
Les dessins de Pynacker sont (rès rares. Les uns sont
traités à la pierre noire, lavés et retouchés à la plume : d'autres sont lavés en couleurs. Josi les estime de 40 à 28 louis.
\RIS INPRIMERIE GHAIX, SUCCURSALE
CHARLES BLANC
15 BT INDIGATIONS
Lebrun donne le chiffre de 6,000 fr. comme le plus élevé qu'aient atteint les pynackers dans les ventes publiques.
Voiei ce que nous relevons dans les catalogues de vente:
VENTE PRINCE DE CoNri, 17 — Paysage orné d'arbres et de broussuilles. Sur le devant, deux vaches, deux chèvres: plus loin, deux hommes et un autre à cheval. — 41,205 livres.
VENTE RANDON DE Boisser, 1777. — Deux pay 1,900 livres.
VENTE DE broussaill — 1,020 fre
VENTE VAN DER Por, à Rotterdam, 18 - Site montagneux au bord d'une rivière. — 4,800 florins, soit 3,800 fr.
VENTE GRANPRÉ, AS09, — Pay » (effet du soir 3,000 francs. — Paysage (effet du matin). — 4,531 francs. EN montagneux, hérissé de ronces. Au milieu, des roches caverneuses où poussent des racines d'arbres — 5,000 francs. — Vue de l'entrée d'un bois. Parmi de beaux arbres, on distingue le bouleau frappé de lumières piquantes. — 8.000 francs.
VENTE LAPEYRIÈRE, 1817. — est chaud et le ton doré. — 1, -
VENTE DUCHESSE DE Berri, 1837. — Sile montagneux, éclairé par le soleil couchant. — 1,710 francs. — Pâturage ombragé; une vache lutte avec un chien. — 5,000 francs.
VENTE BIRÉ, 4841. — Paysage; vue des Appennins. — 4,900 francs.
VENTE CARDINAL Fescn, 1843. — Paysage au soleil levant et un autre au soleil couchant, provenant de la collection Smith Van Alphen. — Les deux 1,005 scudi, soit environ 5,600 francs,
Pynacker à signé tableaux comme suit :
Mévans, 1781. — Superbe paysage orné de 370 francs. — Vue intérieure d’une basse-cour.