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LE CHIEN DRBOUT DEVANT CELUI QUI DORT

vie du dix-septième siècle ; il a raconté, — en les exagérant un peu, — les mœurs de ces compagnies

d'aventuriers qui furent pour les pays du Nord ce que les étranges soldats de Callot avaient été pour la France. Jean Le Ducq fait donc bonne figure parmi les maitres hollandais, et si l'on ne peut le placer

tout à fait au premier rang, il est, du moins, des premiers dans le second,

CHARLES BLANC

I est étrange que le burin des graveurs n'ait reproduit qu'un petit nombre de tableaux de Jean Le Duc:[. Les com-

positions de ce maitre spirituel étaient dignes, à tous les

points de vue, de cet honneur souvent accordée à des peintres d'un mérite secondaire. Nous ne pouvons donc iler que quelques pièces d'après Le Ducy.

La Partie de Dames, gravée par L. Halbon, nous montre un officier jouant avec deux jéunes gens. Auprès d'eux est un militaire qui fume gravement sa pipe

J. Kowalsch a reproduit une scène de maraudeurs qui rappelle le tableau du Louvre, mais dont la composilion est un peu plus compliquée. On y voit aussi une femme à genoux devant le capitaine de la troupe; toutefois, les costumes sont différents et le tableau est de

proportions plus vastes.

Lerouge a gravé (avec le concours de Massard) un Intérieur de corps de garde. Un soldat debout tientune lumière, ont il abrite de la main la flamme tremblottante. Au second plan, deux hommes, vus de dos, se chaullent auprès du feu.

F. Piloty a lithographié deux dessins au crayon qui

représentent de jeunes gentilshommes d

bout. Le Ducq a dû placer ces figures dans un de ses tableaux. Les tableaux de Le Ducq sont heureusement moins rares. Il nous suffira de signalerles plus remarquables. Mt

Gravé par Devilliers l'ainé.) Cette peinture fut acquise,

Ée pu Louvre.

Intérieur d'un corps de garde,

n 4816, de M. Grégoire, pour Ja somme de 6000 francs,

ce un tableau de Téniers et un autre d'Arnoldt van

Maes

Les Maraudeurs. Ce tableau était placé autrefois dans

l'abbaye de Saint-Martin, à Tournay Musée DE ROUEN Musée D'AMsT

qui provient du cabinet Van Heteren, est cité par Descamps.

Intérieur d'un estaminet

pau. — L'Écurie de cavalerie. Ce tableau,

Musre DE ROTTERDAM. La Partie de cartes.

Musée De Muxicu. — Un Corps de garde. Une temme iffermit un éperon à la botte d'un Espagnol

Des soldats jouant aux cartes

GALERIE DU BELVÉDERE, A VIENNE, — On y voit, comme ous l'avons dit pius haut, une répétition ou, pour mieux dire, une variante du tableau des Maraudeurs qui est au Louvre; les différences peuvent êl

> remarquées dans la sravure qu'en à faite Kowatsch,

on la compare à celle

qui se trouve dans le Musée Filhol

GALERIE, DU PRINCE DE LEUCHTENGERG, À Saivr-PÉTERssBouRG. — Une Salle de bal. Réunion uombreuse de dames et de cavaliers .Un gentilhomme est à genouxde

vantune dame.

Un Chevalier et sa femme. Aux pieds du chevalier est un paysan qui neltoie son armure.

Musée pe Darusranr. — Un homme et une femme jouant au b'ictrac.

Musée DE DRESDE. — Un paysan à genoux devant un soldat.

ANGLETERRE. COLLECTION DE M. Howarn-GaLroN. — Une

Scène de famille; tableau mentionné par M. Waagen et exposé à Manchester, en 18

VENTE AVED, 1766. — Deux Musicos, chacun composé de quatre figures. Dans l'un, on remarque unofficier tenant une pipe et un grand verre de vin ; une femme lui présente une huitre. Dans l’autre, une femme a le dos appuyé sur un oreiller, pendant qu'un cavalier lui prend Ja main et lient un verre. Ces deux tableaux, ajoute le catalogue, — sont clairs, pittoresques et amusants.

VENTE ToLozax, 1801. Intérieur de corps de garde. À gauche, des femmes et des soldats groupés, avec des instruments de guerre. Près d'un officier, est un levrier, et plus loin, un cheval gris. Tableau provenant du cabinet Locquet, d'Amsterdam, 991 francs.

VENTE 22 messidor, an XI. — L'Intérieur d'un corps de garde. On y voit quatre officiers, dont un qui boit, tandis

quedeuxautresjouentau trictrac, eltque le quatrième pince de la guitare. Morceau d'une touche précieuse danstous les détails, d'une excellente couleur et d'un eflet piquant.

VENTE MAURICE, 1808 Le tableau du cabinet Tolozan. 1,400 francs.

VENTE CHoisEuL-Prasuix, 1808. Le Cabinet d'un homme de loi, Assis devant son bureau, un employé du fise tient une pièce d'or qu'un paysan et sa femme viennent de lui remettre : près d'une porte ouverte, se montre un officier. 4,025 francs.

VENTE Van DER Por DE GROENEYELD. Rotterdam, 1808. — Un officier entre dans un corps de garde, suivi d'un nègre et de deux femmes. On y voit des soldats endormis et d'autres figures. 200 florins

VENTE GAUTHIER, 1833. — Repaire de brigands. Ns sont dix dans une des salles basses d'un vieux château. Cinq sont endormis, les autres sont en sentinelle ; avec eux est une femme qui regarde un collier d'or découvert parmi le butin. 1,500 francs

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? ZI 72 22 à (CA s #2) i vole Hollandais. Convetsations, HN ;

GASPARD NETSCHER

NÉ EN 1636. — uonrT EN 1684

il Comme Lingelback, Abraham Mignon et les deux Ostade, Gaspard | Netscher, quoique né en Allemagne, est ordinairement rangé parmi | lespeintres del'école Hollandaise. Il tient à cette école, en effet, par son

| éducation, par ses sujets de la vie privée qu'il à traités de préférence

et par la similitude de sa manière avec celle des Miéris, des Metsu et

des Terburg. Toutefois sa ressemblance avec ces maitres hollandais

n'est pas telle, qu'il ne s'en distingue par une certaine recherche de

la beauté qui, justement, représente l'élément étranger qu'il apporta parmi eux. Prenez un Concert de Terburg, une Conversation de Metsu,

vous en ferez facilement un Gaspard Netscher, à la condition de donnér

aux femmes plus de beauté, aux enfants plus de grâce, et à leurs ajustements plus d'élégance, de mettre un goût plus fin dans les

accessoires, de prêter à la scène entière un plushautdegrédenoblesse

Netscher est venu montrer aux artistes de Hollande, je ne dis pas

précisément à Metsu et à Terburg, mais à tant de peintres qui ne savaient pas faire la différence d'un sujet

trivial à une donnée gracieuse, Netscher est venu, dis-je, leur montrer qu'un pinceau délicat peut servir à peindre une jolie femme et de beaux yeux, aussi bien qu'à illustrer la laideur ; que la vérité n'exclut pas la distinchon, et qu'il est possible enfin d'être naturel tout en choisissant la nature.

Houbraken dit que Gaspard Netscher naquit à Heidelberg en 1639; mais de Piles, qui écrivait quelque ving ans avant Houbraken, et qui fut le contemporain de Netscher, le fait naître à Prague en 1636, dans le temps oùles guerres dereligion désolaientla Bohême. Le père de Netscher étaitun sculpteur originaire de Stuttgard, il avai épousé Élisabeth Vetter, fille d'un bourgmestre de Heidelberg, et c'est là peut-être ce quia causé l'erreur que

paraitavoir commise Houbraken. Ce qui d'ailleurs confirmerait l'assertion de de Piles, ce sont les détails qu'i

donne sur l'enfance de Gaspard Netscher, et que Gersaint a reproduits dans le Catalogue de Lorangère, bien que

le livre d'Houbraken fût déjà publié. La famille de Netscher appartenait à la religion catholique. En 1639,

quand les Suédois, vainqueursen Bohème, serendirent maitres de Prague, les habitants catholiques s'enfuiren

précipitamment; parmi eux se trouva la mère de Netscher, emmenantavec elle trois enfants dont le plus jeune

était Gaspard. Elle se réfugia dans un château à quelque distance; mais ce château ayant été assiégé peu de

temps après à l'improviste, fut réduit à la famine. Élisabeth Netscher eut la douleur d'y voir mourir de faim

deux de ses enfants. Gaspard seullui restait: elle osa s'échapper avec lui, etaprèsavoir longtemps erré au hasard à travers l'Allemagne, ravagée alors par la guerre et sillonnée de troupes ennemies, elle finit par trouver un asile en Hollande, à Arnheim, où elle arriva dans la plus affreuse détresse.

Cette mère courageusetrouva moyen de subsister honnêtement à Arnheim, etil faut croire que ses malheurs éveillèrent la sympathie des gens de bien, car la voyant dans l'impossibilité d'élever son fils, un homme respectable et généreux, le docteur Tullekens, se chargea de l'éducation du jeune Gaspard qui paraissait intelligentet bien doué. Envoyé aux écoles, le protégé du bon docteur commença par apprendre le latin; mais on put s'apercevoir bientôt qu'il avait plus de goût pour le dessin que pour les livres. Sa vocation naissante

s'étant révélée, comme chez tant d’autres, par les grilfonnements dont il couvrait ses cahiers de collége, le

docteur Tullekens céda aux inelinations de son élève etle plaça chez le peintre Coster pour lui faire apprendre, sinonles premiers principes de Fart, du moins lesrudiments du métier de peindre. Coster, en effet, ne peignait que des natures mortes, des oiseaux, du gibier, des ustensiles de cuisine. Mais c'estun bon moyen d'éducation, etc'est peut-être le meilleur, que d'aborder par ce côté un art aussi compliqué, aussi vaste que la peinture. En

commençant par se mettre en possession des procédés pour en graduer ensuite l'application à tous les sujets,

depuisles plushumbles jusqu'aux plus relevés, on suit la marche de ce voyageur qui, voulant s'établir en pays

étranger, débute par se faire enseigner la langue du pays, jusqu'à ce que, muni de cet instrument de la vie de relation, il puisse s'élever peu à peu des conversations usuelles à de plus nobles discours. La peinture

a de même un lang

e qu'il faut s'approprier avant tout. Les lignes et les couleurs sont les mots de cet idiome. On les trouve aussi nettement, aussi vivement écrits, dans la réunion, même fortuite, de quelques pièces de gibier, caressées par un rayon de lumière, qu'en une assemblée solennelle où figureraient les grands personnages de l'histoire, L'étude des natures mortes, ustensiles, animaux, fruits ou fleurs, est excellente pour rompre un élève aux premières difficultés du dessin, c'est-à-dire à bien saisirles ligues, les plans etles raccourcis d'un corps immobile, en attendant qu'ilporte sonattention sur des corpsenmouvement; unepareille

étude est aussi fortutile pour éduquer dans un jeune peintre le sentiment du coloris, car le seul plumage d'an

oiseau nous en offre parfois de brillantes leçons, et pour éveiller en lui l'intelligence du clair-obseur, dont les lois ne sont pas moins présentes, moins visibles et moins sensibles au milieu d'une cuisine visitée par le soleil, quand il enlève sur un fond sombre des chaudières dorées, des chandeliers polis et des écumoires reluisantes, qu'en un palais somptueux où se détacheraient par d'habiles oppositions de lumière et d'ombre,

des groupes de figures humaines ou des v es de héros.

Dès que Netscher sut pratiquer l'artet en connut les notions élémentaires, le docteur Tullekensle fit passer

dans une école un peu plus élevée que celle de Coster. Il pensa qu'un artiste habile à peindre la nature morte

n'avait plus qu'à rehausser sesidées, à choisirses motifs, à les ennoblir. Il jetales yeux sur Gérard Terburg qui

était alors en grand renom dans toute la Hollande et qui habitait la ville de Deventer. Terburg fit sans doute

GASPARD NETSCHER (1636). É

quelques difficultés, car il fallut larecommandation de Wynants Eweroyn, son neveu, pour ledécider à prendre Gaspard Netscher dans son école. Gette seconde éducation fut décisive; elle fixa les préférences de Netscher pourles portraitsetpour cestableaux de conversations qui étaientle wiomphedeTerburg. Netscher appritsous un tel maître à bien voir la nature et à la bien modeler; il coutracta égalementle goût de peindre de riches costumes, surtoutces robes de satin blanc qu'ilfinit par savoir exécuter aussi bien que Terburg lui-même. Mais,

sans être plus varié sous le rapportde l'invention, Gaspard Netscherse préoccupa davantage de la beautédeses

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