SAMSON ET DALILA
Peu de temps avant sa mort, arrivée le 17 novembre 1722, Van der Werff vendit à sir Gregory Page, baronnet, pour la somme de 33,000 florins, dix tableaux dont cinq sont aujourd'hui au Louvre. Il laissait de grands biens à sa veuve et à sa fille, qui avait épousé M. Adrien Brouwer, échevin de Rotterdam, et qui hérita des tableaux que son beau-père n'avait pas vendus, et les céda tous, à l'exception d'un seul, celui qui représentait la famille du peintre, que Van der Werff n'avait pas voulu vendre au roi de Pologne et dont Page n'avait obtenu qu'une copie par Limbourg. Parmi ses compatriotes, le chevalier Van der Werff passait non seulement pour un excellent peintre, mais aussi pour un très habile architecte, il avait donné en effet les dessins de plusieurs maisons et le plan de la Bourse de Rotterdam.
Les peintres: n'aiment pas la manière de Van der Werff, et ils ont grandement raison. Ce qui lui manque en effet, c'est précisément la qualité qui les intéresse le plus, surtout dans les petits ouvrages, je veux dire la touche. Cependant il y a dans l’art autre chose que le technique. La pensée, le style, la
composition sont aussi des parties essentielles et même d'un ordre plus élevé que le clair obscur et la touche. Celles
un bon sculpteur, car il avait tout ce que veut la sculpture, le choix des lignes, la distinction des formes,
1, Van der Werf les possédait à un certain degré. Aussi pouvons-nous dire qu'il cût été
le goût de la beauté. Mais puisqu'il a tenu un pinceau, c'est comme peintre que nous devons le juger, et il faut convenir qu'il a gâté les grandes et belles qualités de sa peinture par un coloris sans transparence, par un modelé sans demi-teintes, par un procédé plein de froideur et de fadeur.
CHARLES BLANC
RECHERCHES ET INDICATIONS
Le nombre des tableaux connus d'Adrien Van der dont nous avons parlé. Il fut vendu par la fille de Van der Werff s'élève à cent vingt environ. Ils sont répartis Werf, 4,000 florins, à M. Schuylenburg, et ne monta à la comme il suit, dans les diverses galeries ou collections vente de cet amateur, qu 00 florins. Il fut retiré du partie uliè ‘res de l'Europe. Louvre
Musée pu Louvre. 4. Adam et Eve dans le Paradis. C Musi table au fut vendu à Rotterdam, en 1 trait de palette en main. — La Sainte Famille.
3.000 florins. — 2. Moïse sauvé. Signé Joseph présente à l'Enfant une branche de cerises. — — 3. Chasteté de Joseph. ché et { HUE sur un lit. — Berger et nymphe. L'un ; 710. ( e tableau fut acheté, avec joue de la flûte, l'autre danse.
à sir Gr y , pour 33.000 f GS, us 7 Nas On trouve encore des tableaux du maitre chez la reine
ERDAM. Quatre Van der Werff. — Le por-
de Jésus 8 Chewr. STE d'Angleterre, dans les galeries Grosvenor, Henri Hope. Madelei & Elle É re Er: tient un lord Ashburton, lord Derby; à Vienne chez le prince de livre pr le Et une tête tt. — 6. Anliochus et Lichtenstein ; à Potsdam, à Florence, dans la Galerie Stratonice. Antiochus se soulève sur son lit et regarde impériale.
Stratonice ses deux mains sur son cœur. Signé CAï. Vr. Aux prix que nous avons donnés nous ajouterons ceux We an 17 ymphes dansant. Un berger qui que nous relevons dans les catalogues de vente.
joue de la flûte fait danser deux nymphes qui se Vente puc De Cnoiseuz, 1772. Loth et ses filles dans tiennent par la main... Signé CA". V'. Werff fec., 1718. une grotte. Il tient une coupe d'or dans laquelle une de Gravé par Petit. ses filles presse une grappe de raisin, 50 liv. — Deux
PiNacOTHÈQUE DE Municu. On y compte trente-deux jouent a sur l'appui d une croisée ; peintures de Van der Werff, Elles proviennent de l’an- un petit garçon les r 8 50 livres. — Sainte Famille. cienne galerie de Dusseldorf, de celle de Manheim, ayant C'est celle qui est au Musée d'Amsterdam, 3,700 liv. —
appartenu, l’une et l’autre, à l'Electeur palatin. Il serait De uz pendants. Un enfant tient une cage el montre un trop long de les énumérer. Nous signalerons les portraits oiseau à un chat : un autre lui montre une souris, de l'Électeur Je uillaume et de sa femme ; celui de 1,402 Liv.
Gaston de Mé grand-duc de Toscane, Les deux Vente BLonnez DE Gacnv, 17 Sainte Marguerile premiers sont répétés dans un médaillon suspendu à un penc hée pour voir le dragon qu'elle tie nt sous ses pieds, obélisque. — Le Jugement de Salomon, étude en gris 4,801 liv. ÿ « :
— Sara présente Agur à Abraham. Il est gravé par ENTE PRINCE DE CONTI, À Loth et ses filles. (
— Abraham renvoyant Agar. Daté de 1701. — L'Annon- tableau qui était dans la galerie du duc de Choiseul, ciation, de 1706. — La Visitation, de 1708. — L'Adora- 4,990 francs. — Deux jeunes filles jouant aux osselets tion des bergers, de 1706. — La Présentation au Temple, (même provenance), 8,005 francs. — Les deux pendants de 1708. — Jésus parmi les docteurs et Jésus au jardin des (idem), 915 fr. ;
Oliviers, datés de 1708 et de 4711. — Le Couronnement VENTE Ranpon pe Boisser, 1777. Un homme assis sur d'épines, de 1710. — L'Ecce homo, de 1698. — La Flagel- une pierre tenant une flûte. Une femme a le bras gauche lation, daté de 4710. — Le Portement de Croix posé sur ses genoux ; au fond. deux autres figures, etc., Crucifiement. — Jésus mis au tombeau. — 8,800 francs. — Deux pendunts. L'un représente une ou-
l'autre, une ouvrière qui
dont nous avons parlé Van der Werff, il surrection, daté de 171
il passe Pour un € vrière en dentelle qui travaille S :t dati K: dort, 650 fr.
“ension, de 1710. Tous VENTE PouLain, 1781
Suzanne et les vieillards, daté de
ces tableaux de la vie de J Christ sont peints sur | 1715, 4.300 francs. — Ce même tableau n'avait été vendu,
bois. — Deux tableaux représentant l'Assomption et le en 1716, à la vente Benneagen, à Amsterdam, que
Couronnement de la Vierg Deux Madeleine, deux 800 florins. LR
Sainte Famille. — Diane el Calisto. — C'est la composi- VENTE DE COLONNE, 1795. Loth el ses filles. Celui que
tion dont nous avons parlé. — Le Portrait de Junius. | nous avons vu figurer aux ventes Choiseul et Conti. — Gazene pe Drespe. Douze tableaux de Van der Werff. 7,500 fr.
— La Vierge, l'Enfant et saint Jean. imé 8,000 fr. Vente GecoenmeestTer, 4800. Une nymphe et un faune
Agar renvoyée par Abraham. Ce tableau, dont on voit | ASSIS à l'ombre d’un chêne, 1,100 florins. — La Charité encore une ARE ON à Sans-Souci, fut payé 3,200 florins | romaine. (Lebrun dit l'avoir vendu 17,000 francs à à la vente Paats, de Rotterdam, en 1713. — Madeleine. M. Geldermeester.) 3,100 florins.
5 Van per Por, 1808. La Sainte Famille de la galerie de Choiseul monta cette fois à 5,225 florins, c'est-à-dire à peu près au triple de la somme qu'on en
Elle est représentée avec un manteau bleu et lisant. Ce morceau fut acheté à Ja vente Sormier, en 17 880 florins. On en voit une répétition à Sans-Souci. —
Le Jugement de Püris. Il se distingue de celui qui était avait donnée en 17 |
dans la galerie d'Orléans, en ce qu'il y a trois amours au Lapeyrière, 1825. L'Immaculée Conception. La lieu d'un seul. — Scène d'Arcadie. Une jolie femme, en vètue bleu et de blane, et agenouillée sur robe de sc aux genoux d'un jeune homme. Ce 3,350 francs.
tableau provient aussi de la vente Paats, où il fut pe Van der Werff a signé la plupart de ses tableaux 900 florins. — Loth et ses filles. — Un Ermite, Diogëne comme suit:
avec sa lanterne. — Portrait de l'artiste entouré de sa famille. — Vénus et Cupidon. La déesse est assise dans : WW. É “ er un p », l'amour est à ses pieds. — Le Jeu d'éche Che \ er ec œr 72!
Musée DE LA Haye. La Fuile en Egypte. C'est le tableau