LE MARCHAND DE GIBIER
onc une faute et une faute grave que de supprimer la touche, ou du moins de la rendre invisible
ans les petits tableaux de conversation, tels que ceux d'un Gérard Dow, d'un Slingelandt, d'un
Miéris, et si Gérard Terburg et Gabriel Metsu sont supérieurs à tous leurs rivaux et oceu ent la Le} I
première place, c'est justement à raison de ces délicatesses du faire, de ces accents de la touche,
ui se retrouvent encore, quoique moins apparents, chez le vieux François Miéris, mais qui ont
:omplètement disparu chez Guillaume. Gelui-ci, disons-le en finissant, est la dernière personnilication notable de l'école qu'avait créée Gérard Dow. Égaré dans les aféteries du xvme siècle, l'art hol-
landais commence à perdre de vue son premier maitre, qui fut la nature. Il pâlit déjà, il diminue,
descend; il ne se relèvera plus. CUARLES BLANC.
Guillaume Miéris, dont Bartsch ne parle point dans son Peintre gravewr, a cependant gravé quelques pièces à l'eauforte. On n'en trouve la description nulle part, mais Josi, Tmilalions de dessins de Ploss Van Amstel, dit qu'une de ces eslampes, le Centaure, est fort rare.
dans
Beaucoup plus nombreux que ceux de François Miéris le Vieux, les tableaux de Guillaume sont répandus dans tous les cabinets publics ou privés de l'Europe, el souvent le fils y figure sous le nom du père.
Musée pu Louvre, — Trois Guillaume Miéris, les Bulles de savon, tableau attribué d'abord à Francois Miéris, lé Mavehand de gibier et la Cuisinière.
Les musées de la Hollande renferment quelques tableaux de ce maitre el, dans le nombre, d'excellents.
Au Musée DE LA HAYE la Boutique d'épicier, dont nous avons parlé, Il faisait par-
se trouve le fameux lableau de tie du cabinet du stathouder, et pendant au Marchand de rolaille qui est au Louvre.
Nous trouverions encore des Guillaume Miéris dans les musées de l'Europe, au Belvédère à Vienne, à la Pinacoihèque de Munich, à la Galerie de Dresde, au Musée de Berlin; mais il serait trop long de les éunmérer et de les décrire.
On en comple trois chez la R&INE D'ANGLETE la Boutique du fruilier, un Intérieur ot la Famille hollan-
RE
duise.
Il v en a un, Le Musicien, dans la GALERIE BRIDGEWATER ; un, le Chat, dans la Corcecrion Roëerr P£ez; quatre, le Page et la Cassette, et deux pendauls, dans la CoLLECTION luomas Hope.
Lebrun dit que les plus beaux tableaux de Guillaume ,000 livres. Voici les prix que
Miéris se vendent de # à
nous relevons dans les catalognes des ventes les plus célébres :
VENTE 1750. Un
femme vendant du poissonet autres denrées à une fenêtre,
WaAssEN\AR OnDa, homme et une
1,125 livres. Le pendant, Boutique de fruilier avec deux
fiuures, À livres.
ses lenunes,
— Bethsab iuprès d'uve fontaine, signé et daté de 1708,
VENTE CAUWERWEN, 1765. avec
400 florins,
00 francs. C'est probablement celui qui est maintenant
chez M. Thomas Hope — Un officier dans le costume
VenTE Braaucaup, 1771.
des gardes bourgeoises d'Amsterdam, assis à lable, un verre de vin à la main, 510 florins, 4,150 francs.
VENTE pu pue pe CuoiseuL, 1772. — Un malelot chargé d'une hotte remplie de poissons. Deux pelits garcons lui ichétent des crevettes. Les trois ligures se délachent sur
un fond de ciel. 2,800 livres
1 INDIGATIO
MpTE
venons de décrire ne fut vendu que 1,800 livres. — Timon
— Le fableau que nous
VENTE PRINCE DE CONrt,
d'Athènes, amoureux des nymphes de Diane. Ce tableau provenait de la collection Du Barri, d'où il était sorti en ; il fut vendu ici 1,031 liv.
— Un homme à mi-corps tenaut un rouleau de dessins, et ieté portant un chapeau à
1774 pour le prix de 761 livr.
son pendant (un maltelot.en g plumes), 400 livres. — Une femme à mi-corps tenant une
orange, 425 livres. — Un homme à mi-corps tenant un
verre, et son pendant par Mathon (une femme Lenant aussi (Sur bois, cintrés du haut.)
un oreiller; un médecin l’observe et une
un verre), 600 livres.
VENTE RANDON D — Une femme malade
OISSET, appuyée sut femme âgée la regarde avec attention. 6,000 livres. L'Enlèvement des Subines. Ce tableau, richement composé (sur bois, hauteur 14 pouces, largeur 19 pouces), 2,00 iv. VENTE DE CALONNE, 1788. — La Mort de Cléopâtre. Elle est représentée penchée sur un tapis de Turquie et expi-
raut dans les bras d’une de ses femmes. 600 francs. L'Officier de la vente raamecamp. Il ne fut vendu cette fois que 751 francs.
VENTE CHOISEUL-PRAsLIN, 1793
Ventre Danser Nyuan, 1797 (à Amsterdam). — Intérieur de cuisine. Une jeune servante bat des œufs à côté d’une les. Une autre s’ap-
table sur laquelle brillent divers ustens
roche d'elle avee un panier de pommes.505 flor. (1,
Vente ToLozAn, 1801. — Une Femme malade appuyée sur
ail à la vente ,000 francs.
un oreiller, ete. C'est le même tableau qui é
tandon de Boisset. Il ne monta cette fois qu'à
‘lus tard il reparul à la vente de Preuil (4811) et fut adjugé 6,000 francs.
VENTE Saparier, 1809. — Le Jugement de Salomon. Comosilion de dix-neuf figures. Elle est datée de 1709. 2,500 francs. — Le mème tableau reparut en 1823 à la
vente Fonthill et y fut adjué ÿ francs.
VenrE Rogir, 1810. — Nous
l'ufficier. I monta ici à 1,005 francs. En 4817 il s'éleva au
- retrouvons le tableau de
1rix de 01, à la vente Lapevrière.
Vexre CLos, 1812.— Tarquin et Lucrèce. Elle estrenversée sur un lit de repos, presque nue, elc. C’est le tablean dont nous avons parlé dans la biographie. Il fut vendu 1,045 f7.
VENTE cannixaL Fescu, 4845. — Scène pastorale. C'est le tableau dont nous avons parlé plus haut dans le cours de la monographie. Il est décrit toutau long dans le cata logue de M. George. Il fut vendu 375 scudi 45 francs
in
environ).
Ventre Tuévexix, 1851. — Le Jugement de Püris, 6,800 francs.
Sasignalure ne nousest pasconnue eLson monogramme
| même manque aux dictionnaires de Bruillot et Siret.
apronerie Év. Cnéré
(Gé C} D V4 2 D : Fe Ge A Holiane CPE (ccnes tusliques.
NÉ EN 1665. — monr EN 1704.
Élève d'Adrien Van Ostade, Corneille Dusart fut aussi l'imitateur d'Isaac. Il mit les paysages de l’un dans les figures de l'autreet fitentrer de la sorte le génie des deux frères dans un seul et même genre de | composition. Toutefois il y ajouta de son cru une certaine pointe de franche gaieté qui le fait reconnaitre sans peine et nous empêche de confondre ses #étes rustiques avec celles du bon Ostade. Gelui qui ne saurait rien des chefs-d'œuvre du maitre regarderait peut-être comme des chefs-d'œuvre les tableaux du disciple. On ne peut même nier que Corneille Dusart n'ait plus de noblesse qu'Ostade dans ses figures et dans ses pensées, si toutefois ce mot noblesse n'est pas ici trop déplacé.
Mais quand on rapproche le copiste de l'original, on est forcé de
onvenir que la force native de celui-ci est bien préférable au talent
acquis de celui-là et à son habileté d'emprunt. C'est la destinée
agérer les qualités de leur modèle jusqu'au point de les convertir en
commune à tous les imitateurs d'e défauts, ou bien de corriger ces défauts jusqu’à leur ôter cecaractère, cetaccentindividuel, cette physionomie qui en faisaient des qualités. Il faut done mettre Corneille Dusart sur la même ligne que Corneille Béga,
c'est-à-dire un peu au-dessous du primitif Adrien Van Ostade.
fait la co
Corneil qu'un mai précisém jovialité « Personne qu'en peir adonné à esquissé
les habita
artiste et l'humeur enjouée qui décida du caractère € l'intérieur de la maison, daus la rue, au marché, à la
si vivement dans son esprit qu'il en conservait le sou
l'avait amusé un instant, L'observation et la mémoire ses qualités dominantes. À l'exemple de son maitre peinture des mœurs populaires et particulièrement « paysans à la guinguette, d'y entrer avec eux et d'épi mouvements, la grimace de leur sourire. Pris sur le
simplicité de leurattitude ou de leur allure, les paysans «
ie sur-le-champ, d'après n e Dusart avait un caractèrc re domine, ne peuvent se d nt ce qu'ils ont au fond « es villageois qu'il y voyait lement, Corneille Dusart ét iture et ne ressemblait poin l'ivrognerie qu'il fut habile es biographes hollandais et
nts de cette ville sontplus dé
faible et
e teint fort pâle. On ne leur
des yeux bruns, des cheveux noirs €
Harlem fut la patrie de Dusart, qui y naquit en 1665. Il apporta en naissant les facultés qui firent de lui un
e ses œuvres. Tout ce qui frappait ses regards, dans orte du cabaret, à la fête du village voisin, se gravait
venir présentet vivant jusqu'à ce qu'il eût rapidement
dessiné la conversation des buveurs qu'ilavait observée, la querelle qui l'avait ému, la danse des villageois qui
Adr
es
formes, des physionomies etdes gestesétaientdonce ien Van Ostade, il les appliqua de préférence à la
mœurs rustiques. Son bonheur était de suivre les
er leur contenance, la bonhomie de leurs moindres
ait, sans s'en douter et par conséquent dans toute la
es environs de Harlem se retrouvaient le lendemain
sur la toile du peintre avec ce cachet quela nature donne et que rienne saurait remplacer : « Par cette vérité, dit Descamps, il sut rendre ses tableaux plaisants etagréables. C'était un prodige pour la mémoire :unefigure
originale qui le frappait dansquelque fête était rendue longtemps après dans son tableau comme s'il en avait
ature. »
e doux et gai. Il est vrai de dire que la plupart des artistes, même ceux épouiller tout à fait de leur tempérament et contemplent dans lanature u cœur. Ce qui attirait Dusart au cabaret ou à la kermesse, c'était la danser et boire, mais non le désir de boire ou de danser comme eux. ait un homme d'une complexion délicate qui n'aimait guère les festins sous ee rapportà son compatriote Jean Steen, lequel se montrait aussi à peindre les ivrognes. On peut juger du reste, au portrait qu'en ont après eux Descamps, que Dusartétaitun vrai citoyen de Harlem. En effet, iles que ceux desautres contrées de la Hollande. Ils ontune constitution
voit point, comme par exemple aux bourgeois de Leyde, leurs voisins,
l'apparence d'un tempérament robuste; mais leur caractère n’en est pas
moins gai pour cela, et d'ordinaire ils se livrentavec excès au plaisir et àleurs diverses passions, dont la plus
vive a trait à la culture des fleurs. L'eau-de-vie «
e genièvre est leur liqueur favorite, et ils y ajoutent un
usage immodéré du théet du café, ce qui sans doute contribue à la faiblesse de leurs organes. Sur ce point,
Corneille Dusart faisait exception, car Houbraken nous apprend qu'il était sobre et ne paraissait dans les
compagnies que lorsqu'on y parlait d'art, de tab
une collection rare de ces o Adam Dingemans, lequel po
Il est presque aussi rare de voir un Phillipe Wouwer cela mème que la fête rustiq que ceux d'Ostade, dansent
ce qui a fait dire à Descamy
ssédait également de
e rencor "mans sa 16 ESLSOI ‘un airp )s et à d'e
lus civi
magots ont quelque chose de quelle franche gaieté! quel e
des figures et par un certain
ntrain! ss fouillis
Callot. Icil'on se gaudit, l'on chante e
pyramides humaines ; un charlatan crie à tue-tête son élixir; l'éternel violon grince pour tout le monde e
semble égayer les animaux e
grognement, etlespoules écl
Quelquefoisles figures de Dusart rappellentle paysan grivois et caustique de Jean Steen : par exemple, quan
ux-mêm
iappées
jets, et il parait qu'i
eaux, de dessins ou d'estampes. Lui-même il avait formé inspira de même goût à un ami qui ne le quittait point, riches portefeuilles de gravures et de dessins de maitres. itrer un tableau de Corneille Dusartoùne se trouve point un violon, que ns un cheval. Le ménétrier est un de ses héros les plus assidus, par 1 sujet de prédilection. Ses bons villageois, moins trapus etmoinslourds (
autres que Dusart était plus spirituel que son maître. Le fait est que ses
us déluré etfontdes grâces avec une certaine intention de malice. C'es
isé, partant, moins de caractère et, pour ainsi parler, moins derace. Mais
es foires — il ena gravé de sa main — sont admirables parlemouvemen
ittoresque qu'on ne retrouve point dans la précision un peu sèche dé
l'on danse tumultueusement. Desacrobates élèventsur un tréteau leurs
es; les chiens sont en liesse, les cochons font entendre un voluptueux
usérail courentaprèsleur sultan, qui agite fièrement sa crête écarlarte.
il représente deux vieux paillards qui content fleurettes à une chaste Suzanne du Waterland, l'un tenant
nds ©
amoureusement son chapeau à la main, l'autre portant une plume à son feutre comme le coq du village. Mais
le plus souventil procède de Van Ostade et parfois des deux frères ensemble. Ainsi, en examinant sans être