LE DÉJEUNER HOLLANDAIS
tableau, exécuté d’après ses conseils, serait impossible, parce qu'il n'aurait pas d'autre premier plan que le cadre. Et comment faire un tableau sans premier plan? Il faut avouer que si Miéris s’entendait mal à exécuter des peintures en grand, Gérard de Lairesse ne s'entendait guère mieux à parler des peintures en pelit.
Si l'on en juge par les portraits qu'il nous a laissés de lui-même, Miéris était un homme d’une belle figure, gai, sensuel, ayant l'œil brillant etla bouche épaisse, légèrementaccentuée par une moustache fine comme celle que portaientalors Molière, Richelieuettousles personnages dutemps de Louis XIIL. Bien desfois il s’est peint lui-même sous divers aspects: le plus souvent en peintre, quelquefois en militaire ou en simple bourgeois. Le musée de La Hayenous le montre dans sonintérieur s'amusant à tirer l'oreille d’un petit épagneul que sa femme
tient sur ses genoux. Le musée de Dresde ne renferme pas moins de trois tableaux où Miéris s’est représenté
ii)
IHOLLANDAISE.
avec complaisance. Tantôt nousle surprenons dans son atelier en pourparler avee une jolie femme, vue dedos,
qui vient de poser pour son portrait et dont on ne voit le visage que sur la toile, comme en un miroir. Le
peintre et le modèle sont l’un et l’autre vêtus avec celte r
plu à traduire par des travaux curieux, fins, aussi coquet
ichesse et cette coquetterie que la gravure s’est
aussi riches que les tons du maître . Miéris
est habillé de velours noir ; il porte une culotte étroite de soie bleu-clair nouée au-dessus du genou par
une jarretière à rosettes, et des nœuds de ruban à ses sou
gant que sa mise. Tandis que le modèle se repose, une