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LA DISEUSE DE BONNE AVENTURE

un peu au-dessous de ses troisrivaux. Comparé à son maître Gérard Dow, il a sans doute de plus brillantes

dureté. Les divers systèmes de tailles doivent être liés entre eux, bien que chaque objet puisse être traité à sa manière; souvent, par exemple, il convient que la taille qui est première dans un endroit apparent serve par ses retours à faire les secondes, lorsque, au lieu d’envelopper le muscle ou le pli, le graveur n’a plus qu’à fortifier le ton. Il ne faut ni tomber dans les tournoiements capricieux et bizarres, ni s’en tenir à la droiture des tailles qui est sans doute plus facile, mais qui présente un aspect roide et monotone.

couleurs, etilestaussi fin que lui dansles données vulgaires. Son célèbre tableau du Drouineur ambulant qui se voit à Dresde prouve en effet qu'il savait donner une grande finesse aux physionomies les plus banales. Il est difficile d'oublierl’expression de ce drouineur qui lève un chaudron à contre-jour pour en découvrir les fissures, et cela de l'air capable d'un antiquaire qui déchiffre un manuserit précieux ou vérifie les nielles d’une vieille armure, tandis que la femme au chaudron, debout sur la porte de son cabaret ombragé de pampre, attend avec

anxiété le résultat de cette consultation savante. Mais s'il est aussi fin que Gérard Dow, Miéris a moins

des draperies ? Il faut prendre soin de les distinguer par la nature même du travail, en gravant le linge, par

exemple, plus serré et plus fin que les autres étoffes et le plus souvent d’une seule taille; le drap blanc, de deux tailles

seulement et avec une largeur proportionnée à la grosseur du tis

; les étoffes luisantes, comme la soie, le satin, par un travail plus droit dont la brusque interruption imite la cassure des plis, et aussi quelquefois avec une entretaille que l'on glisse dans l'intervalle des premières ; la panne et le velours, avec une entretaille également, mais en tenant les premières tailles fortes rentrées et bien nourries, et les secondes plus déliées mais encore soutenues. Enfin l’entretaille, qui produit si bien les luisants, se peut employer avec succès pour le rendu des métaux, des vases d’or ou d'argent, des armures d’acier poli.

S'agit-il de l'architecture ? Il faut que les tailles obéissent à la perspective et viennent en aide à l'illusion optique, c’est-à-dire que les tailles qui couvrent les objets fuyants tendent au point de vue; il faut qu’elles se conforment au sens dans lequel les objets présentent les plus grandes dimensions ; que si l’on rencontre, par exemple, des colonnes entières, on les grave plutôt par des tailles perpendiculaires, pour éviter la discordance qui se produirait entre les tailles rapprochées du chapiteau et celles qui envelopperaient la base.

S'agit-il de la sculpture ? On évitera de charger les travaux afin que l'ouvrage soit clair et paraisse reflété comme l’est le

marbre ou la pierre blanche ; on ne mettra aucun point lumineux dans la prunelle de l'œil ; on ne représentera pas les cheveux

comme on le ferait d’après nature, en laissant voir des poils détachés de la masse.

Le paysage se prépare à l’eau-forte, mais discrètement, de manière qu'en l’achevant au burin, l’on puisse faire disparaître les rudesses de l’eau-forte et en laisser dans certains endroits le ragoût pittoresque. Pour les terrains, les murailles, les troncs d'arbres, les montagnes et les rochers, il convient de briser les tailles, de les quitter brusquement, de les trembler, de les croiser plutôt carrément, afin d’imiter le froid et le poli des rochers, de les grignoter afin d'exprimer le rugueux des écorces, a surface inégale des terrains et des murs. Il faut aussi tenir compte de l'air interposé, en laissant fort tendres les objets les plus rapprochés de l’horizon; on reproduit ainsi la perspective aérienne qui doit se trouver dans le tableau ou dans le dessin original.

Les eaux, si elles sont calmes, se représentent par des tailles droites, parallèles à l'horizon avec des entretailles déliées et quelques interruptions vives qui rendent fort bien le luisant de l’eau. On exprime heureusement par des secondes perpendiculaires la forme des objets réfléchis dans l’eau et qui avancent sur ses bords, en ayant soin d'ex liquer plus ou moins

ja forme de ces objets, suivant qu’ils sont proches du premier plan du tableau ou qu'ils s’en éloignent. Si ce sont des arbres, il

est bon d’en arrêter la forme par un léger contour, particulièrement si l'eau est limpide. Quand les eaux sont agitées, comme

es flots de la mer, les premières tailles doivent suivre le mouvement de la vague, et les contre-tailles se donner en losange

)arce qu'on imite mieux ainsi la transparence des ondes. Quand les eaux sont en cascade, la taille se conduit dans le sens de la chute, avec une entretaille et beaucoup de brusquerie dans les clairs. Enfin les nuages se rendent volontiers par des tailles iorizontales, si ce sont des nuées plates qui se perdent insensiblement avec le ciel, et l’on à soin alors que la taille, au lieu de former un contour aux extrémités du nuage, y vienne, pour ainsi dire, expirer. Si les nues sont agitées et tempétueuses, le urin en doit épouser les formes et l'agitation : les croisements de tailles s’y feront en losange aigu, parce que ce procédé

donne de la trans

rence et même un certain mouvement ; mais les premières doivent toujours dominer les secondes. Il importe de ne pas graver les nuages avec des tailles trop tournoyantes, comme cela est arrivé à Callot, La Belle et quelques autres,

parce que le nuage ressemble alors à un flocon de laine ou d’étoupe. Quant à l’azur du ciel, il s'exprime par des tailles droites,

1orizontales, sans aucune flexion.

Pour ce qui est des chairs, il faut se garder de graver celles des femmes ou des enfants comme celles des hommes, choisir

pour les premières un travail plus uni et plus gras qui représente la douceur de leur peau et leur morbidesse. Il y faut éviter

à la fois le carré qui exprime les matières dures, et le grand losange qui n’a jamais la suavité que comporte ici le travail. En

al, les chairs doivent être empatées de points; les chairs d'homme, avec des points longs que l’on met au bout des tailles

ou dans les losanges, ou que l’on entremèle de points ronds; les chairs de femme,favec des points ronds qu'on prépare à l’eau—

et toute

forte, afin d'éviter le travail trop brut que reproduiraient des points allons ois en tenant sa pointe un peu couchée.

« Les points se doivent arranger à peu près comme les briques d’un mur, dit Abraham Bosse, plein sur joint ; surtout il faut

lorsque la planche est mordue, que, malgré toute la régularité qu'on y avait observée, ils sont encore mal arrangés, et si l’on

rder beaucoup d'ordre, car soit que l'épaisseur du vernis trompe, ou que cela vienne de quelque autre cause, il arrive,

d’élévation dans l'esprit, moins de noblesse; il n'eût pas fait les touchants tableaux de la Femme hydropique

et de la Lecture de la Bible. Son œuvre, en un mot, laisse désirer plus de sentiment et moins de satin. Trop égal dans son exécution, Miéris se servit habilement des ressources du clair-obseur pour subordonner

l'accessoire et faire valoir les figures. Il sut éteindre des détails trop faits, en y jetant des masses d'ombre. Il

AFAQUIER D

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