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LA LECTURE DE LA LETTRE

avec un jeune homme, el un page en habit bleu entre par une porte de côté, tenant une bouteille. C’est le tableau le plus fin, le plus spirituel, le plus riche de couleurs, le mieux éclairé, le mieux touché qui se puisse voir. Le peintre qui se jouait ainsi des difficultés de la peinture mérite d'être placé au premier rang dans l’école de Hollande. Puissant et souple, large et fin tout ensemble, il a porté dans les tableaux d’intérieurs et de conversations le même genre de supériorité qu'Albert Cuyp dans les marines etle paysage. Pierre de Hooghe semble avoir été dans le secret de Rembrandt, et il a su adapter aux scènes familières le génie de ce grand maitre, comme Gonzalès Coques y avait adapté le génie de Rubens.

CIARLES BLANC.

RECHERCUES E7

est Le works of the most eminent painters, auteur à

e nombre des tableaux connus de Pierre de Hooghe

ort restreint. Smith, dans son Cutalogue raisonné of n'en compte que 99, et à la manière dont cet élé renseigné, on peut croire qu'il en a échappé fort peu à ses investigations.

C'est seulement dans les Musées et les plus riches cabi-

nets qu'il faut chercher des ouvrages de Pierre de Hooghe.

. — Intérieur d'une maison hollandaise.

Musée pu Louv 16 P.-D. Hoocx. — Ce tableau fut acquis par M. Denon, ix. Il fut estimé par pou

e catalogue ne nous dit pas à quel pr es experts du Musée, en 1816, 4,500 fran au moins dix fois celte somme aujourd'hui.

Intérieur hollandais où lu Partie de cartes.

tableau dont nous avons parlé. Il est gravé pour la prelans l'Histoire des peintres. — Ce tableau, acquis

vaudrait

— C'est ce

mière fo ar le Musée, en 1801, ne lui coûta que 1,350 francs, vente Tolozan. Signé P.-D. Hooch.

Musés une aut une lucarne, Au milieu de la première chambre, une

à la

La vue donne sur > pièce et, à gauche, dans une cave éclairé

D'AMSTERDAM. — Intérieur. —

par

emme porte un pot de bière, dont elle donne à boire à une jeune fille.

Portrait. — C'est celui de l'artiste lui-même. GALERIE DE Drespe, — La Lecture de la lettre. tableau est lithographié dans la nouvelle Galerie de Dresde, in-folio.

— Ce

PINAGOTHÈQUE DE Muxicu. — Intérieur d'un appartement avec deux larges fenêtres, — Une jeune femme est assise tournant le dos au spectateur et lisant un livre. L'effet de lumière est prodigieux et fait illusion.

(à Saint-Pétresbourg).

L'ERMITAGE — Une jeune fille montre du poisson à sa mailresse. — Ce lableau est estimé par Smith 450 liv. sterling.

GALERIE LEUCHTENBERG (à Saint-Pétersbourg).

UN Intérieur où une dame lit un papier qu'un gentilhomme vient de lui remettre. Une servante s'approche tenant un

verre et un bocal, À travers la porte, on apercoit un cor-

ridor éclairé par une fenêtre. Le ton est éclairé par une

autre fenètre garnie d'un rideau rouge. — Estimé 350

livres sterling.

CHEZ LA REINE D'ANGLETERRE. — Une Partie de cartes. — Trois cavaliers à table avec une dame jouent et boivent. — Ce tableau fut acheté par George IV au marchand de tableaux Smith, qui le tenait du baron de Mecklembourg, moyennant 608 livres sterling (15,000 francs).

Une Arrière-cour. — Une femme est occupée à filer sur sa porte. Une servante apporte une cruche d’eau. (Effet

de soir.) — Acheté par George IV au prix de 400 guinées (10,500 francs).

GALERIE SUTHERLAND. — Un Intérieur. — Une femme va faire son lit et en même temps regarde sa fille qui en ce — Ce tableau fut acheté de lord

moment ouvre la port

Radstock, en 1826, 70 guinées.

MÉMIMERLE

LE

FU INDICATIDNS

Correction DE sir Rogert P£ez. — Un Intérieur. — Deux cavaliers à table, jouant aux cartes avec une dame. — Ce tableau provient de la collection Pourtalès vendue en 4826.

Scène domestique. — Vue sur l’arrière-cour d’une maison de brique avec une large arcade au bout de laquelle on aperçoit une seconde cour. Une femme et un enfant descendent deux degrés. Plus loin est une autre femme, gné P.-D. H., 1658. — Sir Robert Peel tenait ce tableau de M. Emmerson, qui l’avait acheté, en 1 sterling.

Il nous reste à citer les prix les plus remarquables que nous avons relevés dans quelques catalogues de ventes.

VENTE BraamcamP, 1771. — Le Paiement de l'hôtesse. — 508 florins. — Trois autres tableaux du maitre figurèrent à cette vente. Is furent vendus 420, 610 et 610 florins.

Vente Van per Dussen, 4774. — Un Intérieur provenant de la vente Braamcamp, où il ne s'était vendu que 610 flor.,

Ventre Hecsceurer, 1802. — Deux Intérieurs ÿ furent vendus, l’un 4,020 f1., l'autre 1,501 fl. Un Concert de famille s'éleva à 809 florins,

VENTE SÉREVILLE, AS. — Un Intérieur d'appartement où l'on voit une femme donnant des pommes à sa fille et une servante qui vient de les apporter. Une table avec un tapis et divers accessoires. — 2,000 francs.

25, 945 livres

se vendit cette fois 750 florins.

VENTE Mie HuGGuEr, 1817 (Amsterdam). — L'Zntérieur qui est aujourd'hui au Musée d'Amsterdam et dont nous avons parlé plus haut, — 4,010 florins.

Vente Gerrir-Muzcer (Amsterdam), 1827. — Une femme

etun Enfant. — 6,000 flor. (12,600 fr.).

VENTE ErarD, 1832. — Une Partie de cartes. — Trois femmes et trois cavaliers autour d'une table couverte d’un tapis de Turquie. — 803 fr.

VENTE PéRiER, 4838. — Un Intérieur. — 3,000 fr.

VENTE HÉris, 1841 (Bruxelles). — La Domestique. — Une jolie servante dépose un bassin et une aiguière d'argent ciselé sur une table couverte d'un riche tapis. — 5,950 fr.

VENTE PERRÉGAUX, 1841. — Cour intérieure d'une maison

hollandaise. — Elle est pavée de briques. On y voit la

maitresse du logis et sa servante. — 12,700 fr. — Ce tableau appartient à M. Delessert.

VENTE DE MonNy, à Paris, 1 — Un Iniérieur. —

,458 Îr.

Ventre MeckcewsourG (décembre 4854). — Un tableau de Pierre de Hooghe a été adjugé pour la somme de 5,450 fr. à M. Nieuwenhuys.

Les Éditeurs de l'Histoire des Peintres doivent à la complaisance de M. Engelberts, l’un des conservateurs du Musée d'Amsterdam, le dessin du portrait de Pierre de

int par lui-même, qu'on voit dans ce riche Musée,

Hooghe, p et qui n'avait pas encore été Les tableaux de P. de Hooghe sont souvent s

Iravé.

comme ci-dessous.

À Koch

CHARLES HÉRISSEY

Eole Hollan d'aide. Paysages.

MINDERHOUT HOBBEMA

NÉ VERS 1635 — mort vers 1700

Il règne un étrange et profond mystère sur la vie d'Hobbema. Son nom seul est arrivé jusqu'à nous, | uniquement pour avoir été écrit par lui-même sur | quelques paysages de la plus rare beauté. On ne sait où il prit naissance, ni où il vécut, ni l'époque de sa mort. On voit seulement, par les millésimes tracés sur ses tableaux, qu'il futle contemporain de Ruysdael, et, par l'aspect de ses hameaux et de ses bocages, qu'il dut habiter les provinces de Frise, de Gueldre

et de Groningue. Iobbema n'a eu d'autre historien

que son pinceau. Il s'est écoulé en effet près de deux

siècles sans que son nom ait été imprimé dans aucun catalogue, mentionné dans aucun livre de peinture. Il n'y a guère plus de trente ans qu'on entendit parler

en France de ce grand peintre pour la première fois depuis sa mort. Deperthes en écrivit une page ou deux

dans son Histoire de l’art du paysage, mais en homme qui n'avait pas encore vu de tableaux d'Hobbema ou qui en avait trop peu vu pourle bien connaître. Depuis, la réputation de cet artiste a franchiles frontières de la Hollande où elle s'était conservée parmi un très-petit nombre d'amateurs ;le nom d'Hobbema a retenti dans des enchères fameuses, et le moment est venu, je ne dis pas de lui élever un monument, puisque les

matériaux nous manquent, mais du moins d'essayer ici une épitaphe pour sa tombe inconnue.

Les Anglais furent les premiers qui firent attention aux ouvrages d'Hobbema ; l’on citait même un tableau de ee maitre — nous en parlerons plus bas — qui était conservé depuis près d'un siècle dans la famille Cobbe à Dublin : aussi n'est-il pas surprenant qu'il soit fait mention d'Iobbema dans le Dictionnaire des Peintres de Pilkington, alors que ni Houbraken, ni Campo Veyermann, ni Van Goo! ni de Bie n'avaient dit un seul

mot de ee grand paysagiste sur lequel Descamps et d’Argenville gardent également le silence. On lit dans

Pilkington ‘ qu'Hobbema serait né dans la ville d'Anvers en 1661 : mais il est facile de voir que c'est là une supposition gratuite et complétement erronée. Comment croire, d'abord, que le révérend Pilkington

ait jamais vu un seul tableau d'Hobbema, quand il ajoute que David Téniers et Adrien Van Ostade

peignaient habituellement les petites figures qui animent les tableaux de ce paysagiste? Évidemment Pilkington disait tout cela au hasard. Pour quiconque à vu des Hobbema, il est elair que ce maitre n'est pas flamand, que sa manière de voir et de peindre est toute hollandaise; qu'il n’a rien de cette largeur facile et un peu décorative qui distingue les Van Artois etmême les Huysmans de Malines, comme en général l'école de Flandre ; que, tout au contraire, sa poésie a ce caractère intime qui se remarque chez tous les

maitres de Hollande ; que sa couleur est celle de Ruysdael, plus éclairée; qu'enfin son nom d’Hobbema, loin

d'ôtre belge, est tout à fait frison, comme l'a observé M. Henri Héris, de Bruxelles ?. Selon Van Eynde et Van Willingen *, Hobbema naquit dans la province de Gueldre, au village de

Middelharnis, et il apprit la peinture à Harlem, chez Salomon Ruysdael ; mais cette opinion n’est elle-même,

en ce qui touche la naissance de l'artiste, basée sur aucune donnée authentique, à moins qu'on ne veuille

accepter comme pièce probante un {ablean d'Hobbema qui représente l'entrée du village de Middelharnis,

et qui orne la fameuse collection de feu sir Robert Peel, à Londres. Pour ce qui est de l'éducation du peintre,

iln’est pas non plus vraisemblable que Salomon Ruvsdael ait été son maitre, non-seulement parce qu'il n'y à I [ I \ Ï I \

point de rapportentre la manière du disciple et celle de Salomon, mais aussi parce que Minderhout Hobbema,

S'il eût vécut à Harlem, n'eût pas manqué de reproduire les sites des environs de cette ville, cominele firent tant de fois les deux Ruysdael; au lieu qu'il a presque toujours pris ses points de vue et les divers motifs de ses compositions pittoresques dans les provinces de Erise et de Groningue, particulièrement dans le pays de

Benthen. De son côté, Smith, dont l'ouvrage s'est acquis en Angleterre une certaine autorité, pense

qu'Ilobbema naquit à Harlem en 1629, el il est certain, quant à cette date, qu'elle est beaucoup plus près

que celle de Pilkington ; Smith cite en effet un tableau qu'il a possédé et qui portait le millésime ‘artiste avait près de quatre-vingts ans quand il peignit de

de la vérité 1689, et comme il est difficile de croire que |

pareils ouvrages, il est impossible d'admettre la date de 16TT, donnée par Pilkington, et de ne pas adopter

plutôt celle de 1629, donnée par Smith, ou du moins de ne pas s’en rapprocher.

De ant de versions, la plus probable, et c'estaussi la plus conforme aux traditions locales, est celle qui fait

nailre Hobbema dans la provinee de Frise, où furent découverts la plupart de ses tableaux. Nous ajouterons

avec M. Héris que la naissance de ce grand peintre doit être fixée à l'année 1635, suivant toute apparence, et

d'après la moyenne des millésimes inscrits par lui-même sur ses tableaux. Maintenant, quelle fut la vie

Dictionary of painters.

2 On peut consulter à ce sujet la notice insérée par M. Héris dans le journal la Renaissance, en 1839. Ce connaisseur qui à possédé des Hobbema, et qui fit une vente dont les amateurs ont conservé précieusement le catalogue, n’a pu faire que des con—

jectures en parlant de l'origine d'Hobbema et de sa vie; mais il a du moins apprécié e frison avec sentiment et en

e pay.

parfaite connaissance de cause.

Yuntschilders… ele. Haarlem, 1816, cité par M. Héris.

i Dans le Woordenbock der

d’Hobbema? Fut-il joyeux ou triste, riche ou pauvre, recherché ou méconnu de ses contemporains? Voilà ce qu'on ignore. Demandez à ses chaumières ombragées d’arbres, à ses mares d'eau silencieuses, qu’effleure l’hirondelle et que ride à peine le vent, àses chemins qui côtoient un champ de blé ou suivent la lisière d’une forêt. Mais pourquoi donc l'obscurité même qui entoure la vie d'un grand artiste ajoute-t-elle encore au charme de ses tableaux et à l'intérêt que nous inspirent ses moindres ouvrages? Heureux, avons-nous dit souvent, heureux les peintres dont la vie est inconnue, lorsque leur génie fut assez grand pour les sauver de l'oubli! Écrite par eux dans leurs propres œuvres, leur histoire n’est mêlée d'aucun vulgaire détail, n’est déparée par

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