‹ Histoire des pérégrinations de Molière dans le Languedoc: d'après desChapitre 4 sur 13 · UOLIÈRB · texte numérisé non relu

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que la mention de Dufort^ du 17 décembre 1649; se rapporte parfaitement à cette troupe. Nous dira-t-on,par hasard^ comme M. Bazin Ta insinué pour 1642> que ce n*est pas Poquelin fils, mais bien Poquelin père qui se trouvait à Narbonne en 1650 1 — Il n'est pas admissible, répondrions-nous, qu'un négociant, honorablement établi et âgé de cinquante-quatre ans, quitte ses affaires pour venir assister, à deux cent cinquante lieues de sa résidence, à la naissance d'un enfant illégitime ; car Narbonne, ville sans commerce , sans manufactures , ne pouvait en aucune façon attirer Poquelin père en ses murs. Cette hypothèse est d'autant . moins admissible, qu'au nombre des témoins figure Charles Dufresne, ancien acteur de 1' //ïustr» Théâtre,quï, en 1648, sollicitait à Nantes,' conjointement avec Molière, la permission de jouer en cette ville. Julien Mélindre, second témoin, devait aussi faire partie de la troupe : Mélindre était peut-être le nom de famille de ce Mondorge, vieux comédien nécessiteux à qui Molière , vingt ans plus tard, fit remettre, par le jeune Baron, vingt-quatre pistoles, « parce

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» qu'il se souvint qu*il avait été longtemps son » pensionnaire en Languedoc. » Quant à Taccouchée, désignée sous le seul prénom d'Anne, était-ce Ànné Duparc ou bien Anne Brillard^ dont Molière tint aussi un fils sur les fonts baptismaux y à Paris, le 29 novembre 1661?

Nous ne le savons. Toutefois, il est à remarquer que , dans ces deux actes de naissance : dans celui de Nârbonne comme dans celui de Paris, Molière prend strictement son nom de famille Jean-Baptiste Poquelin^ et que, dans Tun et dans Tautre, il l'accompagne également du titre de valet de chambre du roi. Nous n*avon8 aucun renseignement à donner sur la marraine, Catherine du Bosc ou du Rose.

De tout ce qui précède il résulte^ jusqu'à la dernière évidence, que Molière a donné des représentations à Narbonne en 1649 et 1650, et que mademoiselle Hortense Desjardins a été,, à cette époque^ momentanément, si Ton veut, une de ses pensionnaires.

Passons à un autre ordre de faits : Quelle fut la durée du séjour de Molière à Narbonne, de 1649 à 1650? — Il nous est impossible de

le dire ; car nous n^avons que deux dates qui n'expriment aucun terme précis. Seulement nous pouvons, sans trop de hardiesse, assurer que Molière était à Narbonne avant le 17 décembre 1649, car il eut besoin de quelques jours pour préparer ses représentations. Le 10 janvier 1650, il s'y trouvait encore, et, d'après la nature de l'événement qui nous a fourni cette date, on est autorisé à penser qu'il dut, pendant quelque temps encore, y prolonger son séjour.

Un de nos amis, qui connaît parfaitement l'ancienne topographie de NarbonnjB, se basant sur l'acte de baptême que nous venons de rapporter, acte qui, comme on sait, a été dressé en la paroisse Saint-Paul, a cru pouvoir préciser l'endroit où Molière et sa troupe auraient logé et donné leurs représentations en cette ville. Il n'a pas. hésité à le fixer à YHôtel des Trois-Nourrices, établi dans la paroisse et non loin de Saint-Paul.

Aux XVI* et XVII® siècles, l'enceinte fortifiée de Narbonne n'avait que deux portes (1) : au

(1) Narbonne a aujourd'hui quatre portes : en lOM, la trol-

nord, la Porte-Royale; — au midi, la Porte ^Espagne, devenue ensuite la Porte-Connétable. Or, c*était dans le voisinage de ces deux portes que se groupaient les différentes auberges de la ville, et celle des Trots-Nourrices était la plus importante de toutes celles qui étaient situées près de la Porte ë^ Espagne et dans la paroisse Saint-Paul ; Rabelais y avait logé vers 1540. Là se trouvaient de vastes magasins, des écuries, des remises, locaux bien suffisants pour les exigences scéniques de cette époque.

L'édifice de l'ancien hôtel des Trois-Nourrices existe encore. Le style de son architecture et le millésime (1528), qui se trouve incrusté sur l'appui de l'une des croisées supérieures, ne laissent aucun doute sur l'époque de sa construction. De larges croisées avec croisillons, dont les meneaux sont chargés de sculptures, ornent la façade; la croisée du

slème Alt percée dans la partie occidentale de la ville et prit le nom de Porte-Neuve; en 1089, la quatrième porte fUt ouverte h Test, et prit le nom de Porte de la Mer ou de Sainte-Càtherine.

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midi porte à ses deux montants, sur le meneau du centre et dans Tencadrement, des ca* riatides au buste de femme, rehaussées de puissantes mamelles. Ce sont ces cariatides, appelées Nourriees^r le peuple, qui ont contribué à donner à cet hôtel le- nom qu*il portait aux XYi' et xvii* siècles, et qu'il conserve encore aujourd'hui, quoique ce ne soit plus qu'une demeure privée.

Après les représentations de Narbonne, il nous a été impossible de nous mettre sur les traces de Molière et de sa troupe. Nous ne désespérons pas cependant de les découvrir un jour; car si nos investigations et celles de nos amis ont été jusqu'ici infructueuses, celles qui nous restent encore à faire couronneront peutêtre nos efforts. Nous allons donc être obligé aujourd'hui de franchir plusieurs étapes pour nous retrouver de nouveau en présence de

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