‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 101 sur 286 · Cont, Cels,^ I · texte numérisé non relu

Cont, Cels,^ I

Les faits nombreux de Thistoire évangélique mentionnés par Celse sont en général communs aux Évangiles synoptiques ; pourtant il en est plusieurs qui appartiennent exclusivement au récit de saint Matthieu. Ainsi, l'ange envoyé à Joseph lors de la grossesse de Marie ; l'apparition de l'étoile à la naissance de Jésus ; la visite des Mages — Celse dit des Chaldéens — qui viennent adorer l'Enfant ; le trouble d'Hérode ; la mission d'un nouvel ange envoyé à la sainte Famille ; la fuite en Egypte ; le massacre des enfants ordonné par Hérode, et, dans Thistoire de la passion, le vin mêlé de fiel présenté à Jésus, sont quelques-uns des traits cités par Celse que le premier Évangile ait seul rapportés. De même l'exécrable comédie qui précède la mise en croix ; le manteau de pourpre, dont les soldats couvrent les épaules de Jésus ; le roseau qu'on lui place dans la main en guise de sceptre, et les épines entrelacées sur sa tête en guise de couronne, sont autant de faits connus de Celse, et qui semblent lui venir de la relation de saint Matthieu. Saint Luc, en effet, n'a pas donné ces détails, et saint Jean n'a rien dit sur l'épisode du roseau.

On peut donc croire que c'est le récit de saint Matthieu que Celse a suivi particulièrement. Cependant on ne peut dire qu'il ignorât les Évangiles de saint Lutî et de saint Jean. Nous avons déjà fourni une preuve directe de la connaissance précise qu'il en avait, à propos de Fange ou des anges que les saintes Femmes trouvèrent au tombeau de Jésus. Et quand Celse, comme nous l'avons déjà noté, rappelle la variété des récits évangéliques, les altérations qu'une première rédaction écrite IIpdiTir] yp»?"^ a subies, quand il dit que

l'Évangile a été remanié trois fois, quatre fois, et plus encore, cela veut dire apparemment qu'il connaît l'existence de trois, de quatre rédactions évangéliques et même d'un plus grand nombre. Enfin, il y a tel détail qu'il allègue, et qui manque aux récits de saint Matthieu et de saint Marc, et se rencontre au contraire dans celui de saint Luc ou dans celui de saint Jean. Ainsi ses railleries sur le sang du fils de Dieu ne peuvent être une allusion qu'à la sueur de sang du jardin des oliviers, fait rapporté par le seul saint Luc, ou plutôt encore au coup de lance du soldat qui perça le flanc de Jésus sur la Croix, et d'où s'écoula du sarig et de l'eau. C'est à ce dernier trait qu'Origène rapporte ce passage de Celse , et ce trait est relaté dans le seul Évangile de saint Jean*. De même, c'est dans saint Jean seul que Celse a appris que Jésus fut prié dans le temple de confondre par un miracle l'incrédulité des Juifs ; tout au moins, saint Jean seul fait mention de ce fait connu de Celse avec la circonstance du lieu^. De même, c'est du récit de saint Luc et plus précisément encore de celui de saint Jean que Celse a tiré ce fait, que Jésus après sa résurrection montra sur son corps les marques de son supplice, et dans ses mains les traces des clous ^ De même encore c'est de l'Evangile de saint Jean que Celse a tiré ce trait ironique : « L'ardeur de sa soif était telle qu'elle lui faisait tout recevoir labouche béante*». Seul en effet, saint Jean fait dire à

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