Cont, Cel8„ II, 37. Cf. S. Jean, XIX
Jésus sur la croix : « J'ai soif, » et nous le montre recevant le vinaigre dont on lui offire une éponge imbibée au bout d'un bâton *.
Une preuve que Celse connaît distinctement l'Évangile de saint Jean réside encore dans l'expression de A6yoç, qu'il lui emprunte avec le sens proprement Johannique d'être divin. « Ils appellent, dit-U, le fils de Dieu le Logos en soi^; » et parle caractère entier de sa discussion, laquelle il est vrai dépasse un peu l'horizon de tel ou tel texte, mais se rapporte à une phase précise du développement de l'idée chrétienne, délie où Jésus est sorti de Tombre de personnage messia-^ nique pour être considéré comme Dieu.
Une lecture un peu attentive des fragments du livre de Celse permet donc d'assurer qu'il possédait nos quatre Évangiles, et avait particulièrement étudié la rédaction de saint Matthieu. Mais Celse avait-il à sa disposition d'autres documents évangéliques ? A cette question, les textes cités par Origène permettent de répondre affirmativement.
Dans nos Évangiles canoniques, il y a deux généalogies de Jésus-Christ, l'une donnée par saint Matthieu qui part d'Abraham et descend jusqu'à Joseph, fils de Jacob et époux de Marie 1, 1-17; l'autre donnée par saint Luc, qui part du même Joseph appelé fils d'Héli et non de Jacob, et qui remonte jusqu'à J\.dam fils de Dieu, IV, 23- 38. Nous n'avons pasàdiscuter ici ces deux
t. Cf. S.Jean. XIX, 28-30. S.Luc, XXllI, 36. S.Marc, XV, 23-46. S. Mathieu, XXVII, 34-48.
2, 2ocpiJîo(j^svct 8v TÔ) Xs'yeiv tôv Oiôv tou Ôâcû eîvat aùro'Xo'yov. — Cont, Cels. II, 31. L'expression môme aùroXo^o; n'appartient pas à saint Jean, mais assurément l'idée qu'elle traduit.
généalogies, dont les différences dans le nombre des générations et dans les noms propres étaient déjà un sujet de disputes au temps d'Origène*. Nous remarquons que Celse connaît une généalogie de Jésus, mais ce n'est pas celle de Matthieu ; car celle qu'il mentionne remonte selon son expression jusqu'au premier homme ; et il ne parait pas non plus que ce soit celle de saint Luc; car celle-ci, bien que remontant jusqu'au premier honmie, est la généalogie de Joseph, tandis que celle de Celse devait être la généalogie de Marie, mère de Jésus. Celse écrit en effet : « Si la femme du charpentier avait été d'un sang si illustre, c'est-à-dire si elle eût été la descendante des anciens rois des Juifs, elle ne l'aurait pas ignoré ^. » Ainsi la généalogie de Jésus que Celse connaît et allègue est celle de Marie. S'il connut les deux autres, celle de Matthieu et celle de Luc, comme il est difficile d'en douter, on peut s'étonner qu'il ne s'y soit pas tenu, car il y trouvait un argument favorable à sa thèse, Joseph n'étant pas, selon les prétentions chrétiennes, le père effectif de Jésus, et cette filiation ne prouvant rien pour lui. C'est qu'une généalogie de Marie se trouvait dans des documents évangéliques alors fort autorisés. C'est cette demîère que saint Justin reconnaissait et alléguait quarante ou cinquante ans avant la composition du Discours véritable ^. L'autre donnait meilleur jeu à Celse, mais celle de Justin était peut-être la seule acceptée dans le milieu où Celse écrivait.
C'est vraisemblablement de documents semblables