Cont, Cels., VI
L'intention moqueuse saute aux yeux, mais ce que nous notons, c'est, avec la perfidie de l'arrangement artificiel, la sincérité des citations.
De quelques-uns de ces mots, Origène avoue ignorer d'où ils sont tirés : des autres, il dit que ce sont, soit des termes mystérieux usités parmi les sectaires valentiniens, soit des paroles extraites des psaumes ou de quelque épître de saint Paul *.
De même, si obscur qu'il soit, le passage que Celse a cité du Dialogue céleste et qu'il donne comme des paroles chrétiennes, quoiqu'elles fussent apparemment émanées de dissidents et d'hérétiques, — mais la distinction n'était pas alors facile à faire pour lui, et dans la polémique, on passe volontiers sur les nuances, quand on trouve intérêt à les eflfacer ou à les taire, — est incontestablement tiré d'im document contemporain que Celse avait eu sous les yeux ^.
Parmi la bibliothèque historique et religieuse de Celse, on pourrait peut-être aussi ranger quelques-uns des écrits d'Aristobule et de Philon. « Les Juifs et les chrétiens les plus raisonnables, dit Celse, tâchent de se sauver dans l'allégorie, mais les allégories par lesquelles on les voit expliquer les mythes sont beaucoup plus honteuses et plus ridicules que les mythes euxmêmes ^ »
C'était dans l'école juive d'Alexandrie, là où le voisinage et le contact de la culture grecque avaient inspiré aux savants juifs plus d'audace et de liberté, qu'avait été inaugurée l'apphcation de l'allégorie à l'interpréta-