‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 114 sur 286 · Coût. Cels,, IV · texte numérisé non relu

Coût. Cels,, IV

tion de certains récits bibliques où le sens littoral paraissait grossier ou choquant. Ce n'est pas faire une invraisemblable hypothèse que de supposer que Celsç, qui certainement résida à Alexandrie, connut cette méthode et ces explications figurées. Elles étaient et furent de bonne heure en usage dans l'Église chrétienne. Le mot « la lettre tue et l'esprit vivifie » était uni principe commode et large. Nous ne saurions dire si lasévérité de Celse pour ces allégories est justifiée, vu que la phrase citée ci-dessus est trop générale, et ques nous ignorons en fait de quels passages et de quellesexplications allégoriques il veut parler. Mais nous rete* nons ceci seulement, que non-seulement Celse connaît les textes, mais qu'il n'ignore pas les artifices de langage et les détours d'idées que les Juifs et les chrétiens essayaient à leur occasion.

On voit que 'Celse était bien préparé pour la controverse qu'il allait engager.

Sans parler des ressources d'un esprit naturellement vif, ingénieux, et plein de verve, et qui ne manquait ni d'élévation ni de finesse, Celse avait été nourri à l'école de Platon, n'était étranger, ce semble, à aucune doctrine philosophique, et était riche de tous les trésors de la culture grecque. Né au sein du paganisme, sympathique h toutes les religions que couvrait la paix romaine, et qui étaient entrées dans le courant de la civilisation commune, il était aussi éloigné de la dévotion servile et étroite du sectaire que de l'incrédulité superficielle et frivole des beaux esprits sceptiques. Lucien inclinait à répudier toutes les religions: Celse était plutôt porté à les admettre toutes, bien qu'il gardât à l'égard de chacune sa liberté de jugement.

Il s'était enquis très-soigneusement du judaïsme, dont les livres sacrés traduits en grec n'étaient plus lettre close pour personne. Il étudia plusieurs parties de ces livres en historien et en curieux.

Il avait puisé, soit dans les documents écrits que nous avons énumérés, soit dans de fréquents entretiens avec des fidèles, soit dans le spectacle des controverses qui agitaient alors les Églises, et simultanément à ces diverses sources, une connaissance assez approfondie des origines et des idées chrétiennes.

On peut douter que Porphyre et Hiéroclès aient apporté plus tard, nous ne dirons pas seulement autant de bonne foi et d'impartialité relatives, mais une somme d'informations aussi étendues, aussi précises et aussi exactes en général.

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