ESSAI DE RESTITUTION ET DE TEADITCTION
LE
fl y a une nouvelle race d'hommes nés d'hier, sans patrie ni traditions antiques, ligués contre toutes les
1 . Nous avons fait cette restitution et cette traduction du Discours véritable de Cçlse sur trois éditions et un manuscrit du traité Contre Celse,
10 L'édition grecque- latine de Guillaume Spencer, donnée à Cambridge en 1677. 1 vol. in-4o avec les notes de David Hœschel.
20 L'édition grecque de Lommatzsch, donnée à Berlin en 25 vol. in-12, 1831-1848, laquelle est en grande partie la reproduction de l'édition bénédictine de Vincent de la Rue. 4 vol. in-fol. 1733-1759. Le Contra Celsum, dans l'édition de Lommatzsch, comprend le tome XVIII, livres i à m ; le tome XIX, iv à vi^ et un peu plus de la moitié du tome XX, VII et viu.
30 L'édition grecque-latine de Mlgne, t. XI de \sl Patrologie grecque ^ grand in-8, Petit-Montrouge, 1857, laquelle est la réimpression de l'édition bénédictine et en grande partie des notes de Lommatzsch.
40 Manuscrit petit in-40, relié aux armes de François !«'. N« 945 du fond grec de la Bibliothèque Nationale, sur papier de provenance orientale, h ce qu'il semble, et datant, comme on croit, du quatorzième siècle. Les éditeurs d'Origène le citent sous le nom de Codex Regius,
Ce manuscrit, qui contient quelques autres fragments d'Origène, est de grande valeur. Le traité Contre Celse y porte le titre suivant, en lettres rouges sur une seule ligne àpi-yevou; toî3 2o<p»TâTOu BiêXîov xarà TcO KéXacu Toîi àdeoraTCu. 11 commence au folio 48 recto^ et se termine au folio 314 verso, est écrit en belle cursive; chaque page comprend 26 lignes qui répondent à 40 ou 42 lignes environ deTédition de Migne. Il est cité souvent d'une manière inexacte et fautive dans les éditions Lommatzsch et Migne. Le dernier éditeur allemand d'Origène, à n'en pas douter, ne l'a pas eu sous les yeux et allègue souvent à tort son autorité pour plusieurs leçons.
2. Dans cet essai de restitution du traité polémique de Celse, tous les passages qu'on trouvera entre guillemets sont des phrases que nous
institutions religieuses et civiles, poursuivis par la justice, généralement notés d'infamie, mais se faisant gloire de Texécration commune : ce sont les chrétiens.
Les collèges autorisés se réunissent ouvertement et au grand jour.
Les affiliés chrétiens tiennent des réunions clandestines et illicites, pour enseigner et pratiquer leurs maximes '. Ils s'y lient par un engagement plus sacré qu'un serment, s'y unissent pour violer plus sûrement lés lois et résister plus aisément aux dangers et aux supplices qui les menacent^.
Leur doctrine vient d'une source barbare. Non qu'on prétende leur en faire un reproche. Les barbares, en effet, sont assez capables d'inventer des dogmes. Mais la sagesse barbare vaut peu par elle seule ; il faut que la raison grecque s'y ajoute pour la perfectionner, l'épurer et rétendre *. Les périls auxquels les chrétiens s'exposent pour leurs croyances, Socrate a su les braver pour les siennes avec un courage inébranlable et une admirable sérénité. Les préceptes de leur morale, dans ce qu'ils ont de meilleur, les philosophes les ont enseignés avant eux. Ce qu'ils débitent sur l 'idolâtrie, que
ajoutons et insérons, là où Origène, au lieu de citer son adversaire, a seulement résumé sa pensée ; et là aussi, où il nous a paru qu'il y a?ait quelque évidente lacune, ou que la transition faisait défaut. Le reste est la traduction littérale des fragments de Celse tels qu'Origène les a donnés dans leur texte original, et, comme il nous semble, dans leur suite à peu près continue.
La Préface seule, où Origène discute plus quMl ne cite et n*allègae nul long fragment, nous la donnons comme une restitution aussi approximative que possible. — Les vingt-huit premiers paragraphes du premier Livre d'Origène, nous ont fourni la plus grande -partie des traits qui s'y rencontrent.