Eusèbe, Bist, Eccl,^ IV
quelque sorte le fond. C'est la distinction du Dieu inconnu dans son essence et du Logos ou Verbe divin qui le manifeste et le révèle ^ l'opposition et le conflit de la lumière et des ténèbres , c'est-à-dire du monde divin et du monde terrestre ^, la tendance à diviser les hommes en bons et purs, mauvais et impurs, fils de Dieu et fils du démon, par le fait de leur nature ou d'une communication intime et indépendante de tout eflfort avec Dieu et le Verbe divin, son fils ', une sorte de haine de la vie de la terre, de mépris pour ses œuvres et de nostalgie, si l'on peut dire du ciel et du royaume d'en haut *, la séparation de plus en plus profonde du christianisme et du judaïsme. Nombre de ces traits se laissent voir aussi dans les épltres attribuées à Ignace et à Polycarpe, bien que ces deux illustres chrétiens orientaux semblent s'être donné pour mission moins d'enseigner que d'organiser et de diriger leurs Églises. Enfin la terminologie de Y Evangile et de la première Epître de saint Jean, les expressions mystiques de Vie, de lumière^ de Voie^ de Vérité^ depain^ de source qui jaillit à la vie éternelle, paraissent avoir une certaine couleur gnostique, si bien qu'on dirait que Basilide, Valentin et leurs disciples, n'ont fait autre chose que cultiver les semences déposées dans ces livres, objet en Asie Mineure d'un universel respect. Des deux côtés, on parle du Dieu qui n'est pas pour le monde ((jlï) m), que'
1. s. Jean, Evang. I, 18 ; VI, 46 ; VUI, 55 ; XVH, 35; 1, Ep.iv, 12. — Ep. à Diognéte, 8.
2. S.Jean, Evang., h 4, 5; VIII, 12, 23; XII, 46; XVU, 12,14, 16. — l'e Ep., S.Jean, 1,5; II, 15, 16; III, 1.
3. S. Jean, fivangf., VIII, 36, 44, 74. —S. Jean, I,J?p.,ni, 8, 10, IV, 5;V, 4, 18.