‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 141 sur 286 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

blessure ? Était-il semblable à celui qui coule dans les veines des Dieux ' ? Et l'ardeur de la soif, que le premier venu sait supporter, était telle chez lui, qu'il but à plein gosier fiel et vinaigre ^ !

Vous nous faites un crime, ô hommes très-fidèles, de ne pas le recevoir pour Dieu, de ne pas admettre que c'est pour le bien des hommes qu'il a souffert, afin que nous apprenions nous aussi à mépriser les supplices ^. Mais après avoir vécu sans pouvoir persuader personne, pas même ses propres disciples, il a été exécuté et a souffert ce qu'on sait^. [Devait-il donc mourir de cette mort infâme ^ ?] Il n'a su de plus ni se préserver du mal, ni vivre exempt de tout repror che ^. Vous ne direz pas sans doute que n'ayant pu gagner personne ici-bas, il s'en est allé dans l'Hadès pour gagner ceux qui s'y trouvent^ ?

Si vous pensez que c'est assez d'alléguer pour votre défense les absurdes raisons qui vous ont ridiculement abusés, qu'est-ce qui empêche que tous ceux qui ont été condamnés et ont quitté la vie d'une manière plus misérable, ne soient regardés comme de plus grands et de plus divins envoyés ^ ? D'un brigand et d'un meurtrier suppliciés, on pourrait dire alors avec une égale impudence : « Ce fut non un brigand, mais un Dieu;

!• Cont, Ccls.^ II, 36. Ce môme vers d'Homère est déjà cité un peu plus haut dans le discours du Juif à Jésus.

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