PREMIÈRE PARTIE
seuil on est troublé ou séduit ; mais c'est comme dans la religion égyptienne ^] Dès qu'on approche on voit des cours et des bois sacrés magnifiques, de grands et beaux vestibules, des temples admirables avec de ma^ jestueux péristyles ; mais si l'on entre et qu'on pénètre au fond du sanctuaire, on trouve que l'objet adoré n'est rien qu'un chat, un singe, un crocodile, un bouc ou un chien ^. Encore pour ceux qui ne s'arrêtent pas à l'écorce, il y a là quelque chose qui n'est ni vil ni fri* vole ^. Ces symboles en effet ne méritent pas le mépris, puisqu'ils sont au fond un honamage rendu, non à des animaux périssables, comme le croit le vulgaire, mais à des idées éternelles. Les Chrétiens qui raillent le culte égyptien sont bien plus naïfs, car ce qu'ils enseignent à propos de Jésus n'a rien de plus relevé que les boucs et les chiens de ces temples ^ [Ils se moquent aussi de Castor et de Pollux, d'Héraclès, de Bacchus et d'Asclépios^] et n'admettent pas qu'on les reçoive pour dieux, parce que, quelque éclatants services qu'ils aient rendus à l'humanité, ils ont été d'abord des hommes ; mais, pour Jésus, ils prétendent qu*après sa mort il est apparu lui-même à ses compagnons; — luimême, c'est-à-dire son ombre^ — [et veulent que pour cela on le reconnaisse pour Dieu. Mais ces apparitions posthumes sont de communes aventures dont les his-
1 . Restitution de ce passage d'après une indication d'Origène. — Cont.Ceh., lU, 17, init,