Cont, Cels
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306 LE DISCOURS TÉRITABLE.
à la connaissance de Dieu ! N'est-ce pas plutôt une aide et un secours pour atteindre la vérité * ?
On ne voit pas, il est vrai, les coureurs de foire et les charlatans ambulants s'adresser aux hommes de sens et oser faire leurs tours devant eux ; mais s'ils ape^ çoivent quelque part un groupe d'enfants, d'hommes de peine ou de gens sans éducation, c'est là qu'ils plantent leurs tréteaux, exhibent leur industrie et se font admirer ^,
Nous voyons de même dans l'intérieur des familles, des cardeurs, des cordonniers, des foulons, des gens de la dernière ignorance et tout à fait dénués d'éducation, qui n'osent ouvrir la bouche devant leurs maîtres, hommes d'expérience et de jugement; mais s'ils peuvent attraper en particulier les enfants de Ja mmson ou des femmes qui n'ont pas plus de raison qu'euxmêmes, ils débitent leurs merveilles : qu'il ne faut pas écouter le père ni les précepteurs, mais que c'est eoi seuls qu'il faut croire ; que ceux-ci sont des fous qui ne savent ce qu'ils disent, qu'ayant l'esprit perdu d'extravagantes visions, ils ignorent le vrai bien et sont incapables de le faire; qu'eux seuls savent à fond comment on doit vivre, que les enfants se trouveront bien de les suivre, et que par eux le bonheur viendra. sur toute la famille. Si pendant qu'ils pérorent de la sorte, quelque personne de poids survient, un des précepteurs ou le père lui-même, les plus timides se taisent par crainte, mais ceux qui sont plus effirontés ne laissent pas d'exciter les enfants à secouer le joug.