PREMIÈRE PARTIE
iasinuant à demi-voix qu'ils ne peuvent ou ne veulent rien leur apprendre devant leur père ou leurs précepteurs pour ne pas s'exposer à la colère et à la brutalité de ces gens corrompus et enfoncés dansFabime du vice, cpii les feraient punir ; mais que s'ils veulent savoir, ils n'ont qu'àlaisser père et précepteurs et à venir avec les femmes et leurs petits camarades dans Tappartanent des femmes ou dans l'échoppe du cordonnier, ou dans la boutique du foulon, afin d'y apprendre la vie parfaite. Voilà comme ils s'y prennent pour gagner des adeptes ^
Je ne dis rien de trop fort, et dans mes accusations, je ne sors pas de la vérité. En voici la preuve. Dans les autres mystères, quand il s'agit des imitations, on entend proclamer solennellement : « Approchez, vous seulement qui avez les mains pures et la langue prutente. » Et encore : « Venez, vous qui êtes nets de tout îrime ^, vous, dont la conscience n'est chargée d'aucun smords, vous qui avez bien et justement vécu. » C'est însi que s'expriment ceux qui convoquent aux céréàonies lustrales. Écoutons' maintenant quelle espèce de ens ceux-ci invitent à leurs mystères : « Quiconque est écheur, quiconque est sans intelligence, quiconque st faible d'esprit, en un mot, quiconque est misérable, u'il approche, le royaume de Dieu est pour lui. » Or,
1. Cout, Cels,^ 111, 55. — La leçon du ms, de Paris irsidûatv pait avoir été corrigée avec raison par ^ritôcuoiv; bien que le mot lîOttoiv pût aussi s'entendre, mais d*une façon moins naturelle, en
faisant dépendre de iva.
2. Il y a ici deux leçons : à-pb; i.'Kh iravro; f&t9co;; c*est la leçon du s. de Paris : et aTro iravTo; p.uoou; c'est la leçon adoptée par »mmatzsch et Migne et celle que nous suivons.
3. Le ms, de Paris porte iiroixoûaufAtv : Lommatzsch et Migne )nnent uirouccûoupLsv.
308 LE J>ISCOURS VÉRITABLE. ,
en disant le pécheur, n'entendez-vous pas Finjuste, le brigand, le briseur déportes, Tempoisonneur, le sacrilège, le violateur de tombeaux? Quels autres appellerait un chef de voleurs pour former sa troupe * ?
C'est donc que Dieu a été envoyé pour les pécheurs \ Pourquoi n'a-t-il pas été envoyé pour ceux qui ne pèchent point? Quel mal y a-t-il à être exempt de péché ^ ? L'injuste [disent-ils] s'il s'abaisse dans le sentiment de sa misère. Dieu le recevra ; mais si le juste, fort de sa conscience, lève les yeux vers lui, il en sera rejeté*. Mais quand les justes juges ici-bas ne souffrent pas que les coupables qui leur sont déférés se répandent en plaintes et en lamentations, de peur de donner plus à la pitié qu'à la justice , Dieu dans ses jugements sera moins accessible à la justice qu'àla flatr terie * I Ils disent bien et avec vérité, que nul mortd n'est sans péché. Où est en effet l'homme parfaitement juste et irréprochable? Tous les hommes sont parnar ture enclins à mal faire. Il fallait donc appeler indistinctement tous les hommes, puisque tous sont pécheurs^. Pourquoi donc cette préférence accordée aui pécheurs ? [Pourquoi sont-ils particulièrement désignés au choix de Dieu, mis hors de pair et avant les autres? Pourquoi cette prérogative pour les moins dignes î N'est-ce pas outrager Dieu et la vérité que de faire ainâ acception de personnes et de quelles personnes'^? Sans
1 . I^ leçon XYtarà; du ms, de Paris paraît de?oir être corrigée es Xyiarifiç. — Cont. Cels,, HI, 69.