PREMIÈRE PARTIE
doute, ils attribuent ce choix à Dieu dans l'espoir d'attirer plus aisément à eux les méchants et parce qu'ils ne peuvent pas gagner les autres qui ne se laissent pas prendre K Et par là même, est-ce qu'ils rendront les méchants meilleurs? On en peut douter^.] Chacun sait que ceux chez lesquels l'habitude a fixé et confirmé le penchant naturel au mal ne s'amendent ni par le châtiment ni par la douceur. C'est la chose la plus difficile du monde que de changer absolument de nature. Mais ce sont ceux qui ne pèchent point qui doivent avoir en partage une vie plus heureuse '. Ils prétendent se tirer d'affaire en disant que Dieu peut tout ; mais Dieu ne peut vouloir rien d'injuste*.
Ainsi [à les entendre] Dieu, semblable à ceux qui se laissent vaincre à la compassion, se montre complaisant pour les méchants qui savent le toucher, mais repousse et délaisse les bons qui n'en savent pas faire autant. Ce qui est une grande injustice^.
Écoutez leurs docteurs : « Les sages, disent-ils, repoussent notre doctrine, séduits qu'ils sont et détournés par leur sagesse. » Mais cette doctrine est entièrement ridicule, et quel homme de jugement voudrait l'embrasser? La seule considération de la foule de ceux qui la suivent, suffit à la faire mépriser^. Leurs docteurs
E^LOioL TcÛToiç ÊTTi^spii; ct méoie § in fine. Oi pX*açr,[xc0a8v ouv tov ôeov,
1. La restitution de cette dernière phrase se fonde sur une indication fort précise d'Origène. — Cont, Cels,^ 111, 65, init,
2. Ces deux dernière phrases sont nécessaires pour lier les Idées.