Saint Jean, V^ Ep., ii
monde. A ceci on connaît qu'un esprit est de Dieu. Tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu avec un corps de chair est de Dieu. Au contraire, tout esprit qui divise Jésus n'est point de Dieu, et c'est là Fantechrist duquel vous avez ouï dire qu'il va venir, et dès à présent il est dans le monde K» — Et ailleurs encore dans la même Épltre : « C'est à cela que l'on reconnaît les enfants de Dieu et les enfants du démon : Quiconque n'est point juste n'est point enfant de Dieu, non plus que celui qui n'aime point son frère ^. »
Dans ces passages, l'apôtre allait au-devant de deux thèses fondamentales de la gnose, à savoir : la séparation du Logos et de Jésus, autrement dit la négation de l'humanité du Christ et de sa descente dans un corps mortel; et, en second lieu, l'indifiérence des actes parmi les hommes, que leur seule nature ou leur union avec le Sauveur a relevés et purifiés à jamais. Au fruit, selon l'apôtre, on reconnaîtra l'arbre. Celui qui est vraiment de Dieu ne peut sans doute mal faire ; mais c'est la justice, l'amour surtout, l'amour efficace et agissant qui atteste qu'on est de Dieu. Le péché n'est pas indifiérent, il est la marque des âmes infidèles, esclaves des ténèbres et filles du démon.
Ces avertissements aux fidèles, cette mise en garde contre les erreurs gnostiques, ces préoccupations d'attaque et de défense de la foi, si visibles dans la première Épître de saint Jean, expliquent que saint Irénée et saint Jérôme aient pu dire que l'apôtre eut pour objet en publiant ses écrits, de confondre les premiers