Saint Jean, I, Ep, m, 10, cf
maîtres de la gnose ' . Mais ceci ne peut s'appliquer qu'à la première Épître de saint Jean.
Le quatrième Évangile est bien plutôt un livre d'enseignement dogmatique qu'une œuvre de polémique. D'un côté, l'école des ^4/0(^^5, qui repoussait la doctrine du Logos si essentiel dans le quatrième Évangile, considérait ce livre comme sorti d'une plume gnostique, l'attribuait au même Cerinthe, contre lequel, suivant Irénée, il était dirigé et le rejetait décidément. Enfin, au témoignage du même Irénée, les adeptes de Valentin, dans la construction et l'explication de leur système, se servaient amplement de l'Évangile de saint Jean ^.
L'idée du Logos, familière à l'exégèse des Juifs d'Alexandrie et à Philon, bien que chez ceux-ci le Logos soit simplement donné comme une puissance ou une vertu divine, et non comme une hypostase, est incontestablement antérieure à l'apparition de la gnose en Syrie et en Egypte et à la publication du quatrième Évangile. Il paraît de là légitime de supposer que c'est dans un milieu commun que les théologiens chrétiens d'Éphèse et les premiers auteurs gnostiques ont puisé, sans qu'il soit nécessaire de chercher, lequel des deux partis religieux a emprunté cette idée à l'autre. Mais l'idée une fois donnée germa et fructifia avec une inégale richesse, produisant ici une étrange floraison d'abstractions réalisées; et là, demeurant enfermée dans un dogme plus simple, où la multiplicité et la variété des termes mystiques ne prennent pas corps en
1. s. Irénée, Âdvers, hxres,^ III, II. — S. Jérôme, CaiaU script, EccU, 9.