‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 174 sur 286 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

mer décemment, c'est ce que Dieu ne saurait ni faire ni vouloir'. Car Dieu est la raison de tout ce qui existe, et il ne lui est pas plus possible de rien faire contre là raison que contre lui-même ^.

[11 y aurait sans doute bien d'autres choses à objecter aux Juifs, mais enfin, après tout^J, les Juifs, il y a de longs siècles, se sont formés en un corps de nation, ont établi des lois à leur usage, qu'ils retiennent encore aujourd'hui. La religion qu'ils observent, quoi qu'elle vaille et quoi qu'on en puisse dire, est la religion de leurs pères. En y restant fidèles, ils ne font rien que ne fassent aussi les autres hommes, qui gardent chacun les coutumes de leur pays. Et même il est bon qu'il en soit ainsi, non-seulement parce que les difiérents peuples ont choisi des lois différentes, et qu'il faut que dans chaque État les citoyens suivent chacun les lois établies, mais encore parce qu'il est à croire qu'au commencement les diverses parties de la terre ont été réparties comme autant de gouvernements entre autant de puissance^ qui les administrent chacune à sa guise, et qu'en chaque endroit tout va bien lorsqu'on se gouverne selon les règles qu'elles ont instituées. Ainsi, il y aurait de l'impiété à enfreindre les lois qu'elles ont établies en tout lieu dès l'origine *.

On peut à ce propos s'appuyer du témoignage d'Hérodote, qui s'exprime en ces termes : « Les habitants des villes de Mérée et d'Apis, situées à l'extrémité de l'Egypte, sur les confins de la Lybie, se considérant

1 . Ms, de Paris : OuTe ^ouXerai 6 6eo;, cuTt ^uviiaerai. Lommalzsch et Migne écrivent : Cure ^cuXr.asTai o ôeo; xtX.

Page 1