‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 19 sur 286 · s. Justin, I,i4p. G · texte numérisé non relu

s. Justin, I,i4p. G

les livres dont nul chrétien n'eût osé contester le divin caractère ?

Tels étaient, dans la communauté chrétienne, les deux partis extrêmes, et on peut dire irréconciliables : le parti gnostique, avec toutes ses variétés et ses ramifications, car le disciple s'y faisait maître à son tour, innovait dans la nouveauté, ajoutant ou retranchant quelque degré à l'échelle du Plérome ; et le parti jud^ïsant, le parti des Ébionites, qui pouvait invoquer les plus lointaines traditions. Chacun de ces deux partis opposés alléguait des autorités : ici, pour ce qui était des rapports de la nouvelle alliance avec l'ancienne, saint Paul ; là, saint Jacques et son exemplaire piété. Ici, on se faisait fort d'un Évangile anonyme, dit Évangile de la Vérité, et de l'Évangile selon saint Jean ; là, on attestait l'Évangile des Hébreux et l'Évangile de saint Matthieu, avec sa théologie tout hébraïque. Ici on composait des Révélations, là un récit des pérégrinations de saint Pierre. Des deux côtés, on citait des paroles tirées de l'Ancien Testament ou attribuées au Sauveur. Le Sauveur, disaient les gnostiques, a dit : « Tous ceux qui sont venus avant moi ne sont que voleurs et brigands, » et l'Apôtre a dit : « C'est un mystère qui a été caché aux âges et aux générations. * » — « Le Sauveur, disaient les Ébionites, a observé la circoncision, le sabbat, s'est soumis à toutes les prescriptions légales, et n'a-t-il pas dit : « Que le disciple se « contente d'être comme le maître ? »

Entre ces deux extrêmes, l'Ébionîtisme et la Gnose, on pouvait trouver au moins un point de contact, à sa-

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