‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 196 sur 286 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

anciennes traditions. Heraclite y fait allusion quand il écrit : a II faut savoir qu'il y a une guerre universelle, que la discorde fait la fonction de la justice, et que c'est selon ses lois que toutes choses naissent et périssent ^) . Et Phérécyde bien plus ancien qu'Heraclite, représente dans un mythe deux années ennemies^ dont l'une a pour chef Cronos, et l'autre Ophionée, raconte leurs défis, leurs combats et cette convention que celui des deux partis qui serait jeté dans l'Océan s'avouerait vaincu , et qde celui mi y aurait précipité l'autre posséderait le ciel pour prix de sa victoire. Les histoires de la guerre des Titans et des géants contre les Dieux, et celles que racontent les Égyptiens au sujet de Typhon, d'Horos et d'Osiris, appartiennent à la même famille de mythes. Voilà ce qu'ils ont trouvé chez nous et mal compris ; car c'est tout autre chose que leurs inventions sur le démon diable, lequel, à proprement parler, est plutôt un autre imposteur courant sur les brisées du premier. Homère est dans le même courant d'idées que Phérécyde et Heraclite et les auteurs de la guerre des Titans, quand il met ces paroles dans la bouche d'Héphaïstos, s'adressant à Héra : « Jadis, lorsque je m'élançai pour te défendre, il me saisit par le pied et me précipita du seuil divin ^. » Et celles-ci, dans la bouche de Zeus à la même Héra : « Ne te sou-

1. Ce passage d'Heraclite est un peu tourmenté. Le manuscrit de Paris donne et ^è yj^H tôv iroXtjAOv iovToc Çuvov xal £piv xxt ^ivoatva iravTa xar' Ipiv xal xi^itù^i^v.. — Spencer et Lommatzsch remplacent xsà Ijpiv par Ipètv. Dans les Fragmenta phiiosopborum Grxeorum de là Biblioth. Grecq. de F.-Didot tome I, page 3t9, on écrit avec Schleiermacher : Eî<^8vai xp^ fbv TroXeu-ov tovra Çovov xal ^aijv Ipiv xal "Iftvofxsva 'nrxvTft xar' Ipiv xxi cpÔE'.po{ii.cva. — C'est cette dernière lecture que nous avons suivie.

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