TROISIÈME PARTIE
efifrayer les hommes en les menaçant de ses atteintes K
Pour ce qui est de savoir d'où ils ont tiré le nom de
fils de Dieu, c'est que les hommes des anciens temps
ont appelé fils ou enfant de Dieu le monde sorti de ses
mains ^.
Rien d'enfantin comme leur cosmogonie et leur récit de la formation de l'homme à l'image de Dieu, et leur paradis planté par Dieu ; rien qui tombe moins sous le sens que la prétendue condition du premier homme changée par l'accident du péché, et son expulsion du Jardin des Délices. Ce sont là des extravagances, ou, si Ton veut, d'amusantes petites histoires. C'est d'un ton plus sérieux et avec une autre profondeur que les an-^ ciens sages des Grecs ont parlé de la formation du monde et des hommes^. Moïse et les prophètes, auteurs de leurs écritures, dans l'ignorance où ils étaient de la nature du monde et de celle de l'homme, ont fabriqué là-dessus des contes à dormir debout *. [Qu'est-ce, en effet, que les jours de leur création? Conçoit-on des jours qui aient précédé la naissance du soleil et de la lumière? Qu'est-ce que ces mots : Que la lumière soit faite, que plusieurs d'entre eux entendent comme un souhait et une demande^]? L'ouvrier du monde [le démiurge] a-t-il donc emprunté la lumière d'en haut, comme quand nous allumons notre flambeau à celui