TROISIÈME PARTIE
des pécheurs qu'un autre a condamnés, des bannis, et, comme ils disent d'eux-mêmes, des excréments de la terre, et qui n'est pas capable de punir et de faire ren* trer dans l'ordre son envoyé qui lui désobéit ?
Et si Ton dit que c'est lui qui a fait le monde, comment y a-t-il du mal dans le monde? Conmient est-il impuissant à exhorter et à persuader? Comment le YWt-on se repentir à cause de l'ingratitude et de la perversité de ses créatures? Pourquoi accuse-t-il et maudit-il son travail et menace-t-il ses propres enfants de les détruire? Et où donc, hors de ce monde, pourrat-il transporter l'homme qu'il a fait ' ? [Je ne leur prête rien : tout cela est exprimé dans leurs livres ou peut en être tiré ^.]
Ce qui est plus puéril encore, c'est de partager la formation du monde en plusieurs jours, avant qu'il y BÛt des jours. Car comment y avait-il des jours avant ijue le ciel fût fait, la terre construite et le soleil en mouvement? Et comment concevoir le premier et grand Dieu [en admettant qu'il soit l'auteur du monde] disant en forme de commandement : « Que ceci soit fait, » et ensuite : « Que telle ou telle autre chose soit, » et travaillant un jour à un ouvrage, le lendemain à un autre, et ainsi pareillement le troisième, le quatrième, le cinquième et le sixième jours* ; [achevant sa besogne ce jour-là et se reposant,] comme un lâche ouvrier qui, fatigué, a besoin de chômer pour se refaire*? Mais il