‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 215 sur 286 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

pour le corps, c'est-à-dire pour ce qui, dans rhomme, est chose mortel

Si vous aviez si fort envie d'innover, qu'il valait mieux pour vous en choisir quelque autre parmi ceux qui sont morts virilement, et qui peuvent justifier la fable d'une consécration divine ' I Si vous répugniez à prendre Héraclès, Asclépio&et quelqu'autre des anciens héros de la légende [qui ont déjà des autels] v vous aviez Orphée, homme inspiré, nul ne le conteste, d'un esprit divin, et qui périt de mort violente. Mais peut^ être n'est-il plug libre ? Vous aviez alors Anaxarque. Jeté un jour dans un mortier, comme on l'y pilait cruelle^ ment, il se jouait noblement de son bourreau : « Pilez^ disait-il, pilez l'étui d' Anaxarque, car pour lui-même vous ne le touchez point ! » parole pleine^ en vérité, d'un esprit divin. Mais les philosophes physiciens vous ont prévenus et l'ont choisi poTU» maître ^. Ne pouviezvous donc alors prendre Épictète ? Comme son maître lui tordait la jambe, lui, calme et souriant : « Tu vas, disait-il, me la casser; » et la jambe ayant été brisée : « Je disais bien, reprit-U, que tu allais la casser. » Qu'est-ce que votre dieu a dit de pareil dans les tourments? Et quand vous auriez pris la Sibylle, dont plusieurs parmi vous allèguent l'autorité, vous auriez eu meilleure raison de la déclarer fille de Dieu. Mais vous vous êtes contenté d'introduire au hasard et par fraude nombre de blasphèmes dans ses livres. Et vous nous

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