Lire le chapitre iv du IV» livre des Philosophumena
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liquide se dilatait et couronnait la grande coupe. Voilà la manière, dit le même écrivain après avoir raconté les pratiques des thaumaturges, de séduire les imbéciles ^ Mais les adorateurs païens, gnostiques et judaïsants, que pensaient-ils et que disaient-ils, de leur côté, des guérisons de scrofuleux, d'aveugles et de possédés accomplies par les amis de leurs adversaires, si habiles à percer les supercheries des autres, et d'une raison si bien armée contre les prestiges de leurs voisins? Que pensaient-ils des récits où Ton rapportait que ni l'huile ou la poix bouillante, ni le feu, n'avaient pu entamer la chair des martyrs, et que les bêtes affamées s'étaient roulées à leurs pieds avec respect ? Que disaient-ils de l'histoire de l'apostat Natalis battu de verges jusqu'au sang par des anges pendant son sommeil et ramené à l'Église par ce fouet divin dont il montrait les marques vives*? Étaient-ils, en vérité, plus embarrassés d'expliquer ces faits et beaucoup d'autres prodiges semblables, et d'y montrer aussi la main de l'homme où le fruit d'imaginations crédules ou troublées ?
La foi aux prophéties et aux révélations n'était pas moins grande que la foi aux miracles dans toutes les communautés chrétiennes. Toutes s'honoraient de compter dans leur sein certaines personnes visitées par la grâce prophétique et l'esprit révélateur. Le livre des Sibylles n'était pas fermé, mais grossissait et s'enrichissait encore sous les Antonins. Les prédictions sur la fin du monde continuaient en dépit de l'expérience, et partaient de divers groupes.