QUATRIÈME PARTIE. aSfl
Bien plus, il nous exhorte aussi àprendre noire part des fonctions publiques, s'il le faut, pour le salut des lois et la cause de la piété; et il promet, dans un second ouvrage, de nous apprendre comment doivent régler leur vie ceux qui veulent ou peuvent vivre selon les principes qu'il juge les meilleurs.
Celse note ensuite les caractères les plus apparents de la secte, les terreurs et les espérances également vaines dont ses maîtres emplissent les imaginations; ce qu'il y a au fond derrière cet appareil qui séduit ou qui trouble, le dédain qu'ils affectent pour la science et la culture de Tesprit, quelle défiance ils ont des hommes sérieux, quelle espèce de gens jouent chez eux: le rôle { de docteurs, et comme ils s'adressent à ceux que la faiblesse de l'âge ou de l'esprit leur livre sans défense. Le passage où Celse nous montre la propagande chrétienne en exercice dans Imtérieur des familles doit être pris sur le vif. Ces humbles personnes, cardeurs de laine, tailleurs de cuir et foulons, relégués dam les plus sombres coins des riches maisons, et facilement en rapport avec les femmes et les enfants de leurs maîtres, furent à n'en pas douter les plus féconds agents de la propagande chrétienne dans les deux ou trois premiers siècles. Nulle école ne fut plus fructueuse pour le succès de la religion nouvelle que ces écoles domestiques. Mais on comprend quelles colères devaient exciter chez les Romains posés et conservateurs ces attaques souterraines et insaisissables, venant de pareils bas-fonds, la famille mise en quelque sorte en état de siège, cette séduction clandestine qui trou* blait la vie domestique, cet effort de misérables artisans pour miner l'autorité de l'époux, du père, des précepteurs et des hommes de confiance, et dans le huis clos des demeures privées que de martyrs inconnuaLl
Celse suivant sa pensée, montre ensuite quelle espèce d'hommes les chrétiens appellent à leurs mystères. Ce sont les misérables et les pécheurs, comme si le vice avait le privilège d'être agréable à Dieu, comme si,