Yit.ApolL, VI
actions, utile aux grands et aux petits, aux morts, aux malades, aux sages et à ceux qui ignoraient la sagesse * .
Les violences de la tyrannie sont l'épreuve de la sagesse. Or la persécution qui déjà, en diverses circonstances, avait frappé les philosophes, ne manqua pas à Apollonius. Lui-même, loin de l'attendre, la provoqua, en excitant les âmes les plus viriles du Sénat contre Domitien. Après le supplice de trois vestales ordonné par Domitien, on l'entendit s'écrier : « puisses-tu, ô Soleil, être purifié, toi aussi, des meurtres iniques dont la terre est aujourd'hui souillée. » Dénoncé parEuphrate, cité à comparaître par Domitien, loin de fuir, de se cacher, ou d'attendre qu'on vînt l'arrêter, il s'embarqua pour l'Italie, toucha à Pouzzoles, y vît son ami Démétrius, qui essaya vainement de le détourner de son dessein d'aller à Rome ; « Les cigales peuvent chanter librement, disait celui-ci, mais nous, il ne nous estpas permis d'ouvrir la bouche, c'est un crime d'aimer la sagesse ...» On dit : « Cet homme est coupable en ce qu'il est sage et juste, en ce qu'il a étudié les choses divines et humaines... » On vous accuse de conspirer pour Nerva et ses amis ; on vous accuse d'avoir immolé un enfant dans un sacrifice pour lire l'avenir dans ses entrailles ; on vous reproche votre manière de vous vêtir et de vous nourrir, et on ajoute qu'il y a des gens qui vous adorent comme un Dieu... Pourquoi vous exposer à mourir pour des crimes imaginaires et de mensongères accusations ? » Damis, lui aussi, quoiqu'il suive aveuglément son maître, ne comprend