‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 26 sur 286 · Tacite^ AnnaU^ XV · texte numérisé non relu

Tacite^ AnnaU^ XV

vit bientôt, accompagné, on peut le croire, de ce calme mépris des hommes graves et classés pour des suspects, grouillant dans les bas-fonds des superstitions judaïques, haïs et répudiés parles Juifs mêmes, Uvrés, disait-on, à d'absurdes ou infâmes mystères, et couvant dans leur cœur on ne savait quelles espérances de bouleversement. Ils croissaient cependant, infatigables dans leur insaisissable propagande, fiers dans leur isolement, rendant au monde mépris pour mépris, au ban de Topinion, mais d'autant plus unis et serrés les uns contre les autres, recueillant les mécontents du siècle, les petits, les déshérités de la fortune, les âmes avides d'un idéal nouveau, et formant lentement de ce qui passait pour la lie et les balayures de la société, la cité de l'avenir, et, comme diront plus tard Cyprien et Origène, l'armée de la foi et le camp du Christ.

Dans la première partie du second siècle, les lettrés ne parlent guère des chrétiens. Juvénal ne les a nommés nulle part, et c'est à peine si l'on peut dire qu'il ait songé à les désigner par voie d'allusion ^ Tacite et Suétone leur accordent en passant une courte et flétrissante mention à propos du massacre de l'an 64^. Si Pline le jeune n'eût pas été chargé d'une mission officielle en Bithynie, l'an 112, on peut croire que leuï nom ne se fût pas rencontré sous sa plume. Plutarque, qui sait tant de choses, les ignore. A ce moment, et après l'édit de Trajan, ils sont hors la loi. Plusieurs condamnations ont été prononcées contre les plus audacieux. Us sont réputés ennemis publics, athées, scélérats qualifiés. Il semble qu'il soit de mauvais goût de

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