Tacite, iiiiïi., XV, 44. Suétone, Néro
parler de gens qui appartiennent aux juges, du jour où ils rencontrent un accusateur, et que les prendre à partie soit les désigner aux rigueurs. Rôle importun ou odieux. On sait cependant qu'à ce moment, où sous des princes humains et soucieux de la bonne administration de la justice, la vie paraît plus tolérable et les suicides plus rares, les chrétiens sont considérés comme une espèce de fanatiques aflamés de la mort, et, si entêtés de leur manie, que plutôt que d'y renoncer, ils souffrent volontiers les plus cruels supplices et y courent comme à une fête. C'est un trait dii moins que notent plusieurs contemporains : Épictète, Lucien, Marc-Aurèle et Galien. On voyait bien en Syrie, dans l' Asie- Mineure et en Thessalie, certains prêtres ambulants, dans leurs transports de convulsion mystique , se flageller, se mutiler, comme si la divinité dont ils portaient çà et là l'image ne pouvait recevoir de plus agréable offrande que celle de leur sang * ; mais les chrétiens plus graves, sans porter la main sur leur personne, ni donner d'eux-mêmes leur prétendue frénésie en spectacle à la foule profane , acceptaient la mort avec impassibilité, ou la bravaient en face du tribunal avec une exaltation obstinée. « Ces malheureux, dit Lucien, se figurent qu'ils seront immortels et qu'ils vivront éternellement. En conséquence, ils méprisent les supplices et se livrent volontairement à la mort^. »
1. Gapite demisso cerviccs lubrieis intorquentes motibus crinesque penduloB rotantes in circulum et aonnuaquatu morsibus suos iacursantes masculos, ad pos tremutn ancipiti ferro quod gerebant, sua
qaisque bracchia disseeant Gerneres prosectu gladiorum ietuque
flagrorum solum spurcitie sanguinis effeminati madescere. — Apulée, Jtéiamorph., lib. VUI.