Matth., VII, 28. — lue, IV, 3 2. — Marc, I, 2Î
LA VIE D'APOLLONIUS DE TYANE. 46o
plus fidèle compagnon. Ce Damis, du reste, dont nous avons parlé déjà, ne nous paraît pas représenter auprès d'Apollonius tel ou tel compagnon de Jésus ou des apôtres. Il est la personnification de l'idée même ■du disciple, dont le cœur vaut mieux que le caractère, ■d'esprit borné, mais qui se sauve par sa bonté d'âme et sa docilité passive ; qui demeure fidèle, non parce qu'il comprend le maître, mais parce qu'il l'aime ; qui promet d'aller partout où il ira, sans savoir pourquoi, le promet avec effusion, mais est trompé parfois, parce qu'il ne sait pas oser autant qu'ilpromet, que les obstacles ou les périls le déconcertent, qu'il est aussi prompt aux découragements qu'aux enthousiasmes, et se reprend aussi facilement qu'il se donne. Cette création toute poétique de Damis dans l'œuvre de Philostrate est très-vivante. C'est la note humaine, et d'humanité vulgaire, dans un récit tout idéal. Les apôtres ne font-ils pas avec Jésus, dans les Évangéliques, un contraste aussi marqué ? L'esprit charnel, étroit, terre à terre, est plus accentué chez Damis que chez les apôtres. Cependant, l'analogie est sensible en plus d'un passage ' .
A la Pentecôte, les disciples, avec l'effusion du Saint- Esprit, reçoivent le don des langues. Apollonius aussi possède le don de comprendre toutes les langues. Cette faculté s'étend même jusqu'à l'intelligence du langage des animaux.
Jésus pardonne à la femme adultère et la sauve de la lapidation. Par un système de surenchère poétique,
1. Matth., XV, 15; XVI, 23; XXVI, 55. — Marc, VHI, 17-18; IX, 32; XIV, 50. — Luc, IX, 17, 45; XXïI, 54, et suivanU : XVni, 11-34; XXIV, 25, etc.
fréquent dans le livre de Philostrate , Apollonius, chez le roi Vardane, obtient la grâce d'un eunuque qui a été surpris avec une des femmes du sérail du roi.
Jésus guérit un jeune homme possédé d'un démon muet qui le tourmentait, et opère à distance, sur la demande du centenier, la guérison de son fils. De môme Jarchas, sur la demande de la mère, guérit sans le voir, et par l'envoi d'un message écrit, un jeune possédé. Les autres cm-es merveilleuses de Jarchas, opérées sur un boiteux, sur un aveugle par accident, sur un manchot, sur une femme qui avait fait sept fausses couches, peuvent être aussi rapprochées de miracles analogues racontés dans les Évangiles ^ Philostrate paraît même enchérir ici sur les récits évangéliques, par les circonstances dont il entoure ces guérisons, quoiqu'il y ait quelque chose de comique dans ridée de les faire accomplir dans une sorte de séance régulière et de consultation pour ainsi dire officielle.
A son retour de l'Inde, Apollonius nous est montré allant çà et là, enseignant dans les temples, comme Jésus et les apôtres dans les synagogues ; et comme eux, on dirait presque plus qu'eux, objet de l'admiration et de la vénération de tous ^. Conmie saint Paul, il correspond avec les villes, leur donne des conseils et des instructions par lettres, ou promet de les aller visiter.
Comme Jésus, il enseigne parfois par paraboles : « Un