‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 267 sur 286 · Àci. Apost,^ I · texte numérisé non relu

Àci. Apost,^ I

Apollonius reste quarante jours à Olymjfie avant de descendre dans Tantre de Trophonius.

Enfin, après une carrière glorieuse, Apollonius étant entré dans un temple disparaît tout à coup et monte au ciel. Il en descend une fois, pour convaincre un incrédule de la vérité de l'immortalité de Fàme.

On peut affirmer, ce nous semble, après cette lecture, que la source la plus certaine où Philostrate a puisé pour la composition de sa vie d'Apollonius de Tyane est celle même dont il n'a fait nulle mention, à savoir les documents Évangéliques et Apostoliques. Le nom des chrétiens n'est pas prononcé une seule fois dans ce livre, et ce silence même est trop singulier pour n'être pas voulu et prémédité. En tout cas, l'idée chrétienne et les récits sur le fondateur de la doctrine et ses premiers disciples, sur leurs enseignements extérieurs et leurs actes sont présents pour ainsi dire à chaque page. Les coïncidences de situations, de faits, de circonstances, de paroles, sont si nombreuses et si frappantes qu'on ne peut valablemement alléguer l'argument des rencontres fortuites. Un hasard qui se répéterait avec cette continuité serait en vérité un miracle infiniment plus étonnant qu'aucun de ceux que Philostrate nous raconte.

Il nous paraît démontré que Philostrate non-seulement a connu les livres chrétiens, mais qu'il les a étudiés, s'en est pénétré, qu'il a travaillé sur ces livrés, a librement mêlé dans le canevas de son ouvrage les notes qu'il y avait prises avec des documents et des traditions d'autre nature. Il n'a pas eu seulement sous les yeux les Évangiles, mais aussi les Actes des apôtres^ les Épures et d'autres écrits peut-être qui ne sont pas

venus jusqu'à nous. Il est fort au courant de la question chrétienne, il sait les accusations portées contre les chrétiens, il sait l'état des personnes, l'attitude passive et timorée des uns, l'attitude fière, hardie, enthousiaste jusqu'à la bravade des autres.

Son Apollonius n'est pas fait sur le seul modèle du Christ. Il entre dans cette figure, dont l'unité poétique est irréprochable, nombre de traits fort divers, quoique bien fondus. La vie et les actes de saint Paul, peut-être celle d'Ignace d' Antioche et de ' Polycarpe de Smyrne, ont fourni des couleurs pour ce portrait d'un pythagoricien révélateur d'une sagesse prétendue nouvelle et plus large. Philostrate, le père du héros, on le voit aussi, est un sophiste froid et bavard. Il faut noter encore des traits empruntés au milieu trèsparticulier où vivait Philostrate. L'inspiration do Julia Domna et de ses sœurs, les goûts, les souvenirs du sanctuaire paternel et de la foi héréditaire des, filles du prêtre du Soleil d'Émèse sont aussi visibles, et l'esprit de tolérance universelle et de cosmopolitisme religieux qui régnait dans le cercle des princesses Syriennes, avec un certain dédain des traditions exclusivement romaines.

11 importe maintenant de déterminer le caractère de Touvrage de Philostrate, l'intention 'qui J'a dicté, le but que poursuivait ou que s'était proposé l'impératrice qui l'inspira.

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