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cration et, si Ton peut dire, avec la canonisation en quelque sorte officielle du personnage. Resté dans l'ombre pendant un peu plus d'un siècle, et dans une ombre équivoque, objet tout au plus de vagues récits populaires, la mémoire du philosophe de Tyane, enjmême temps qu'elle est racontée et célébrée par le sophiste de Lemnos obtient des honneurs inusités. Un héroum lui est élevé dans sa ville natale. Quelques années plus tard le neveu de Julia Domna met l'effigie d'Apollonius parmi ses dieux domestiques dans son lararium. C'est un culte nouveau qui s'essaie. Dans les premières années du quatrième siècle, Hiéroclès, mêlé par ses fonctions en Bithynie et en Egypte et par ses attaches philosophiques aux luttes religieuses du temps et aux suprêmes efforts de la politique pour écraser le christianisme, dans un livre qui portait à peu près le même titre que celui de Celse*,maisdontrespritétait,onpeutlecroire,plus hostile, — car l'heure des accommodements étaitpassée etl'on ne pouvait plus guère demander aux chrétiens de rentrer dans l'ordre, — se servait de l'ouvrage de Philostrate, comme d'un instrument de polémique, opposait ce livre aux Évangiles, la vie et la personne d'Apollonius à celle du Christ, et ses miracles « racontés par des lettrés à ceux de Jésus qui n'avaient pour garants que des charlatans et des esprits grossiers. » La renommée du sage de Tyane réveillée par Philostrate, sanctionnée par l'autorité impériale, consacrée par des sanctuaires et des hommages religieux, recueillie et employée par le préfet d'Alexandrie comme arme de guerre, voyait s'accroître le nombre de ses adorateurs. Dans le courant du troî-