Vit.Apoll., lY
CARAGTÈBE ET BUT DU LIVRE DE PHILOSTRÂTE. 49o
représenter ici un chrétien. Ailleurs, Philostrate parlant de la manière d'enseigner d'Apollonius, semble critiquer indirectemeiït le genre de discours que la tradition écrite prête à Jésus ^ Ces deux allusions sont trèsvoilées, et peut-être prêtons-nous ici à Philostrate une intention qu'il n'a pas eue. En tout cas, et quand il y aurait dans ces passages une échappée de haine secrète, ou une arrière-pensée de critique littéraire, ces quelques mots isolés où l'allusion n'est ni précise ni certaine ne modifieraient en rien le caractère de l'ouvrage entier, duquel on peut dire encore une fois qu'il ne trahit nulle part l'hostillité ou la malveillance envers le christianisme.
Veut-on juger le caractère du livre par les sentiments du milieu d'où il est sorti? « Il est à peine besoin, dit Letronne, de se souvenir de la haine que l'empereur portait au christianisme. » Nous ne pouvons démêler les sentiments des empereurs que par leurs actes. Or, depuis l'avènement de Commode jusqu'à la mort d'Alexandre-Sévère, les chrétiens ne paraissent avoir été l'objet d'aucune persécution régulièrement et officiellement ordonnée.
Sous Commode, l'impératrice Marcia, toute puissante, les protégea efficacement, et fit mettre en liberté, sur la désignation de l'évéque romain Victor, nombre de ceux qui avaient été condamnés aux travaux des mines. Le fait est raconté dans les Philaso^ pàumena.
Septime-Sévère avait dans son palais un chrétien du nom de Proculus : le même prince défendit les chrétiens