Vit. ApolU, I
contre la fureur de la multitude. TertuUien qui rapporte ces faits parle, il est vrai, avec une indignation émue des cruautés auxquelles les chrétiens sont en butte dans les provinces d'Asie et d'Afrique. Le double courant peut-être parallèle : facilité à la cour et dans l'entourage des empereurs, et violences dans les provinces soit du fait des masses aveugles et brutales, soit du fait de gouverneurs durs et intolérants et couvrant l'arbitraire du prétexte de la loi et de Tordre public. On relève, il est vrai, un édit de Sévère. « Il défendit sous des peines rigoureuses, dit Spartien, de se faire Juif : il fit la même défense à l'égard des chrétiens *. Il faut étrangement forcer le sens des mots pour voir là un édit de persécution. Il est possible que, dans la pratique, des gouverneurs mal disposés aient étendu au-delà de toute mesure le sens de ce décret. Assurément il viole la Uberté de conscience, laquelle est inséparable de la libre propagande. Mais les agents de l'autorité, d'après le témoignage de TertuUien, ne procédaient pas d'une manière uniforme. Les uns frappaient les chrétiens, les autres les épargnaient, les uns condam-^ liaient sans pitié, les autres fermaient les yeux, ou trouvaient moyen de renvoyer libres ceux qu'on accusait à leur tribunal ^. L'édit de Sévère, pris à la lettre, signifiait que les religions juive et chrétienne devaient demeurer chacune dans ses limites, sans entreprendre Bur les consciences, ni chercher à étouffer ou à absorber les autres religions. Le prosélytisme était prescrit, noa la profession de foi.
1 . Judaeos fieri sub gravi piBna veluit. Idem de ChrisUanis sanxit. «— Spartien. Sep. Sev,, 17.