Tertull., ad. Scapulam
Caracalla eut, dit-on, une nourrice chrétienne, et un chrétien, sinon plusieurs, parmi ses jeunes camarades du pœdagogium du palais *. Nul ne lui attribue aucune mesure législative contre les chrétiens. Elagabal, nous l'avons noté, n'était pas plus mal disposé pour le culte des chrétiens que pour tous les autres, et eût voulu lui faire une place aussi dans son temple du Palatin *. Alexandre-Sévère ne se borna pas à une neutralité plus ou moins dédaigneuse, il se montra décidément symphatique. On rapporte que sa mère Mammea , la plus sérieuse peut-être, et la plus morale de ces princesses Syriennes, fit venir auprès d'elle Origène, l'accueillit avec bienveillance, s'entretint longuement avec lui. Lampride nous fournit plusieurs indices éclatants des sentiments d'Alexandre-Sévère à l'égard du christianisme.
Il avait placé l'image du Christ parmi ses pénates domestiques dans son oratoire privé '. Il eut le dessein de lui élever un temple, à Rome même, et ne renonça à cette idée que sur les observations des aruspices*. Il admirait la manière dont se formait la hiérarchie des chrétiens, et citait en exemple les élections de leurs prêtres^. Enfin, des cabaretiers réclamant un terrain, dont les chrétiens s'étaient emparés pour leur culte, Alexandre décida que de quelque façon que
1. Tertj?!!., Ad, Scapitl,, Spartien, Caracaila^ \, — Cf. De Rossi, Bull, di Arth, Christ., ann. 1863, p. 72.