‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 280 sur 286 · Lampride, Alex, 5éi · texte numérisé non relu

Lampride, Alex, 5éi

la chose eût eu lieu, le culte d'un Dieu devait remporter ^ Ainsi, à peu près dans le môme temps où d'autres passions soufflant en bas, la foule païenne, se ruait, au mépris des lois, dans un lieu consacré, et criait: « Plus de sépultures aux chrétiens ! » Élagabal, à Rome, voulait que les mêmes chrétiens, eussent pour leur Dieu un autel réservé dans son temple, à côté des autres ; et Alexandre leur accordait de garder, pour leurs mystères, un emplacement qu'ils avaient peutêtre usurpé.

Des quatre princes de la dynastie Syrienne, le premier, le chef, soldat énergique et rude pour tous, d'ailleurs exclusivement occupé de politique et de guerre et laissant à Julia sa femme et aux lettrés de son entourage le département des idées et des choses religieuses ne fut point l'ennemi déclaré des chrétiens. Les trois autres flottèrent entre l'indifiFérence ou une curiosité sympathique. Donc, en affirmant que le livre de Philostrate n'est pas une œuvre de polémique anti-chrétienne, on reste à la fois d'accord avec la simple et naturelle interprétation du texte, et avec le véritable caractère du milieu où il a pris naissance. S'appuyer sur la haine des princes Syriens à l'égard du christianisme, pour inférer que La Vie d'Apollonius est dirigée contre les chrétiens, c'est donc faire reposer une hypothèse sans ondement sur une allégation démentie par les faits. Bien plus, il y a des passages dans La Vie d'Apollonius.

1 . Judœis privilégia reservavit, Christiano» esse passas est. — LampridCf Alex. Sev,, 22; — Quum Christian i quemdam loeam, qui piiblleus fuerat, occupassent, conlra popinarii dicerent sibi eam deberi, rescripsit : melius esse ut, quomodocumque illic Deus colatnr, qoaia popinariis dedatur. — Lainpride, Alex, Siv,^ 49.

qu'on pourrait tourner en apologie des chrétiens. lUen par exemple, ne choquait davantage le pouvoir et ses agents que le refus invincible des chrétiens d'adorer Fimage de l'empereur et de prendre part aux sacrifices. Or ce double fait, Philostrate l'attribue aussi en quelque façon à Apollonius. Le sage de Tyane, a son entrée à Babylone, ne veut pas se prosterner, comme les autres, devant la statue du roi : « Cet homme devant qui vous vous prosternez, dit-il, si seulement il obtient que je dise de lui que c'est un homme de bien, il sera fort honoré. » Et en disant ces mots, il passa la porte *. De même admis en présence du roi et invité à prendre part à un sacrifice : « 0 roi , dit Apollonius , vous pouvez sacrifier à votre manière, mais permettez-moi de sacrifier à la mienne. Puis il brûle un peu d'encens et invoque le Soleil, et se retournant vers le roi : « Sacrifiez, selon vos rites nationaux, dit-il, car les miens, les voilà. Et il se retira pour ne pas prendre part à un sacrifice sanglant *. Il est vrai qu'Apollonius ne fait ici nulle imprécation contre le culte qui n'est pas le sien, et qu'en revendiquant la liberté pour lui-même, il l'accorde aux autres.

Si nous repoussons absolument l'idée que La Vie d Apollonius àQ Philostrate puisse être regardée comme une satire , une parodié, ou un pamphlet contre le christianisme, et qu'aucune intention systématiquement hostile ou malveillante pour les chrétiens ait pré sidé à cette composition ; il s'en faut que nous accordions que ce livre ne soit rien de plus qu'une <Buvre

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