‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 29 sur 286 · Maxime de Tyr, Dissert, — Apulée, De Deo Socratis · texte numérisé non relu

Maxime de Tyr, Dissert, — Apulée, De Deo Socratis

choses du monde et légitimer en même temps la variété des cultes. A l'exception encore une fois de quelques épicuriens endurcis et fort mal famés auprès des dévots, la masse entière du peuple et les esprits cultivés du temps, sophistes, rhéteurs, poètes, historiens et philosophes, croient communément aux songes, aux miracles, aux apparitions divines, aux présages, àl'intercession efficace des divinités locales, à la sainteté et à l'utilité des pratiques. Le riiéteur Aristide est un dévot d'Esculape^ Le platonicien Apulée a voué son âme à Isis, la déesse libératrice, l'auguste, la sainte, la reine du ciel, la mère de la béatitude et de la miséricorde. Plus encore que la littérature du temps, les monuments épigraphiques témoignent de la vivacité du sentiment religieux et d'une sorte de renaissance du polythéisme. Les railleries de Lucien ne descendaient pas dans les masses croyantes et troublaient peu la piété des cercles cultivés, et, d'autre part, la propagande chrétienne, malgré ses succès relatifs, n'avait pas très-sérieusement entamé la société païenne.

On n'a nulle mesure pour évaluer même approximativement le nombre des chrétiens répandus sur toute la surface de l'empire à l'époque de la mort de Marc-Aurèle . Le règne de Commode et la paix dont jouit l'Église jusqu'aux premières années du troisième siècle, durent être très-fécondes pour la foi nouvelle. 11 est certain que les groupes de fidèles n'avaient pas partout une égale densité. En Syrie, en Phrygie, en Bithynie, les chrétiens étaient sans doute alors plus nombreux qu'en \frique et en Italie, et dans ces deux contrées, plus

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