VI AVANT-PROPOS
la question préparatoire, et étaient comme les prémisses de la persécution. Que ce fût ou non leur dessein, les railleurs et les réfutateurs par leurs écrits justifiaient la force et exaspéraient encore Thostilité de l'opinion. Vue de ce biais, la polémique des lettrés contre les chrétiens se rattache à rhistoire des persécutions de FÉglise.
En dépit des vexations légales qu'elle avait subies déjà et qu'elle continuait à subir en divers lieux, la société chrétienne au milieu du second siècle était trop puissante désormais pour être étouffée. Le danger lui vint moins des violences du dehors que des témérités spéculatives de ceux qui prétendaient constituer sa doctrine. La persécution avait la vertu d'unir les cœurs. Les dissentiments et les discordes intérieures renaissaient avec le calme.
Nous avons essayé de donner une idée de ces divisions dans notre premier chapitre, où il est question du gnosticisme.
La vivacité de la lutte fut grande, à n'en pas douter. Il s'agissait de savoir qui, parmi les docteurs et les chefs du mouvement chrétien, prendrait la direction des esprits. La sincérité et la foi