‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 4 sur 286 · AVANT-PROPOS. VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. VII

apparemment étaient égales entre les adversaires ou les libres interprètes de la tradition et ses partisans plus timorési et plus étroits. Dans cette enchère de sagesse plus qu'humaine, le gnosticisme paraît représenter l'idéalisme à outrance et le parti de la perfection-absolue. La majorité de rÉgUse résista prudemment, et le bon sens pratique, avec sa force d'inertie, triompha et eut comme partout le dernier mot.

L'étude du gnosticisme valait peut-être plus que cette introduction, dont nous reconnaissons volontiers l'insuffisance. Mais notre objet n'était pas de l'approfondir. Nous ne nous y sommes arrêté que pour faire connaître le milieu agité et troublé où allait se produire la polémique païenne.

Cornélius Fronton, le maître d'éloquence de Marc-Aurèle, le plus goûté des beaux esprits du temps, personnage consulaire, et, comme Pline le Jeune, homme d'État par accident, inaugura cette polémique. Il écrivit une déclamation contre les chrétiens entre 155 et 165. Nous n'avons rien de ce, factum que deux brèves mentions ; mais l'auteur qui les] fournit, Minucius Félix , apologiste de l'Église, vingt ou trente ans plus tard, et qui connaissait évidemment le discours de Fronton,

vni AVANT-PROPOS.

nous paraît dans le plaidoyer du païen Cécilius, qu'il fait parler au commencement de son diaogue, avoir reproduit les arguments de Fronton, ou pouvoir tout au moins nous en donner quelque idée.

Vers la même époque, ou un peu plus tard. Lucien, le Voltaire du second siècle, non par désir de rien défendre, si ce n'est peut-être une certaine sagesse un peu courte et toute négative, sans nul souci de la politique ni de la religion positive, essaya de déverser le ridicule sur les chrétiens. Nous avons recueilli les divers passages de ses écrits qui semblent dirigés contre eux, et nous nous sommes étendu particulièrement sur le petit livre intitulé De la mort de Pérégriniis où ils sont spécialement visés.

Le Discours véritable Ae Celse, philosophe platonicien, ami de Lucien, écrit dans les trois ou quatre dernières années du règne de Marc-Aurèle, est l'ouvrage le plus considérable qui ait été composé à cette époque contre le christianisn>e. Origène, dans l'abondante réfutation qu'il en fit vers 245, nous a conservé un très-grand nombre de fragments de ce livre. Ces fragments mis bout à bout forment un ouvrage de juste étendue, et qui semble pou-

Page 1