Occultis se notiset insignibus noscuot. — Octavius, IX
buvait le sang et dont on se partageait les chairs palpitantes, forraait la cérémonie de l'initiation, et qu'après un festin, les flambeaux éteints, les initiés des deux sexes, comme autrefois dans les orgies des bacchanales, se livraient librement à de furieuses débauches.
Au temps où Fronton écrivait, le graffito du crucifié à tête d'âne, trouvé il y a vingt ans au Palatin sur le mur d'une salle basse du palais des Césars, avait-il été déjà dessiné * ? Il est impossible de répondrer d*une façon positive à cette question.
Il s'agit d'un très-curieux groupe de deux peraranages gravés à la pointe d'une main rapide et d'un trait juste. Sur une croix en forme de T grec est attaché, les bras étendus, les pieds séparés et appuyés sur une petite traverse, un homme vêtu d'une chenndse et d'une tunique. Le corps est surmonté d'une tête d'àne. A la droite de cette étrange figure (à la gauche du spectateur) est un autre personnage vêtu de la même manière, la tête nue ; le visage, vu de profil, est tourné Vers le crucifié, le bras droit baissé et retiré en arrière, le bras gauche relevé, arrondi, dirigé vers l'image, la main ouverte, les doigts écartés, en posture
1 . // crocifigso graffito in easa Dei Cesari ed il iimbûiUmo crMmiê lit una comiola del seconda secolo monumenti due diehiaraU del P. Raffaele Garrucci. — Roma, 18S7.
On a supposé que dans l'annexe du palais des Gésan où fat traarèa cette inscription, se trouvait l'école (pœdagogium) des pages de la cour, et que cet Alex amène moqué ainsi par quelqu'un de set caiha* rades en faisait partie. — Voir De Rossi, BuÛeU di arek, c/kriff«, I| 72; V, 75.
Voir aussi, sur ce graffiio du Palatin, Ferd. Becker, Das Spott^ crucifix der rômischen Kaiser palaste, Breslau, 1866.
d'adoration, c'est-à-dire envoyant le baiser à la manière antique '. Entre les deux personnages et au-dessous, dans les blancs, une très -lisible légende en quatre lignes inégales et en lettres cursives grecques : AXeÇapievo^; Gé6eT£ (pour aéfisTat) 0sév. « Alexamène adore Dieu. » C'est une évidente caricature du culte chrétien. Apion ^, Tacite ^, Plutarque * attribuaient aux Juifs une sorte de vénération religieuse pour l'âne. Il en coûtait peu à l'imagination populaire de transporter ce culte prétendu des Juifs aux chrétiens. Minucius Félix et Tertullien témoignent que cela eut lieu en effet, et que l'opinion du peuple ignorant prétait aux chrétiens cette espèce de dévotion * et cette idole qui, après tout, aux yeux des païens, n'avait rien de plus singulier que tant d'autres adorées en Egypte. Dans la même page de son discours, où il fait mention du culte de la tête de l'âne attribué aux chrétiens, Cécilius rapporte
1 • Voir le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines de MM. Daremberg et Saglio, au mot Adoratio,
2. In hoc enim sacrario, Apion praesumpsit edicere asini capul collocasse Judœos et id colère et dlgnum facere tanta rcligione. — Joseph, Cont, Apionem^ II, 7.
3. Tacite, Hist,, V, 3. ETÛgiem animal is, quo monstrante errorem sitimque depulerant, penetrali sacravere. — Ibid.j 4.
4. Plutarque, Sympos,, IV, 2, 10, «; tôv ovgv àvacpvivavra iriQ-ifTiv aÙTCÎ; u^otTo; Tiawaiv.
5. Audio eos turpissimœ pecudis caput asini consecratum inepta nescio qua persuasione venerari. — Octavius, IX.
Nam, ut quidam somniastis, caput asininumesse Deum nostrum hanc Cornélius Tacitus suspicionem ejusmodi inseruit
Hoc forsitan improbamur quod inter cultores omnium pecudum
bestiarumque asinarii tanlum sumus Nova jam Dei nostri in ista
civitale proxime editio publicata est ex quo quidem in frustrandis bestiis mercenarius noxius picturam proposuit cum ejusmodi inscriptione DEVS CUKISTIANORVM 0N0K0ITH2. Is erat auribus asininis, altero pede ungulatus, librum gestans et togatus. Risimus et nomen et formam. — Tertullien, Àpotogeiicus, XVI.
aussi comme un on-dit populaire, qu'ils adoraient la croix et un homme puni du dernier supplice. L'auteur du graffito du Palatin a réuni, dans sa bizarre composition, ce triple emblème du supplicié, de la tête d'âne et de la croix et, mettant en scène un adorateur, a ajouté sa légende : « Alexamène adore Dieu. » Cet Alexamène inconnu était peut-être un esclave ou un a&anchi du palais, camarade de l'auteur de cette parodie figurée.
Le savant P. Garrucci a établi dans son mémoire, en se fondant sur des inscriptions trouvées sur des briques faisant partie de cette annexe du palais des Césars, que ce graffito ne peut être antérieur au règne d'Hadrien. 11 le suppose des premières années du troisième siècle. La marge est grande, d'Hadrien à Septime- Sévère. Mais siVApoiogétique de Tertullien et TOc/ûviics de Minucius Félix, sur lesquels il s'appuie pour assigner cette date à ce monimient figuré, sont du second siècle, on doit, ce nous semble, le considérer comme plus ancien. Que Tertullien aussi nous parie d'un affranchi chrétien en faveur à la cour de Sévère S cela ne prouve pas non plus qu' Alexamène soit du même temps; car raffranchiCarpophore, chrétien aussi, faisait égdement partie de la domesticité de Conunode dès le commencement du règne de ce dernier', et peut-être aussi de celle de Marc-Aurèle ; et un autre affranchi, Prosenès, chrétien aussi, marqué dans une inscription comme cubicuiarius de Commode, avait été attaché à la maison des deux frères Auguste Marc-Au-