Âthénagore, Legatio de christianit
à peine à répondre à tous ceux qui venaient le consulter. ^ On lui remettait les demandes dans des billets cachetés : il rendait le lendemain biUets et réponses. On croyait fermement que le serpent Glycon lui dictait ces réponses. Bientôt il trouva le moyen de faire croire que c'était le serpent lui-même qui les donnait de sa bouche. La foule affluait. Les dieux, .pensait-on, .ne s'étaient pas lassés de visiter les mortels. Et comment douter? Tout un peuple n'avait-il pas vu Alexandre trouver l'œuf, le prendre dans la main, et, de cet œuf, le serpent sacré sortir et s'enrouler autour des doigts du prophète? N'avait-on pas vu ce serpent arriver quelques jours plus tard à une grosseur merveilleuse? ne le voyait-on pas tous les jours s'agiter dans le sein de l'homme divin, ne l' entendait-on pas proférer des oracles, annoncer l'avenir, donner aux honmies pieux et ,de bonne volonté des consultations avidement recueillies, et des remèdes aux malades? Les douteurs étaient mal vus, insultés, hués, appelés athées et chrétiens, expulsés du sanctuaire par ordre du prophète, et menacés par la multitude de ses dévots. Plusieurs faillirent être lapidés sur place pour avoir manqué de resr pect au dieu nouveau ou raillé son prophète *.
Déjà avant la mort d'Antonin le Pieux le trépied du nouvel Esculape était célèbre à la ronde. A l'avènement de Marc-Aurèle, lesParthes, sous la conduite.de Vologèse III, s'étaient jetés sur l'Arménie dégarnie de troupes. Dans cette circonstance critique, Sévérianus, légat de la Cappadoce, ne sachant où se prendre, consulta le prophète Alexandre et, sur la foi d'un oracle