‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 51 sur 286 · Lucien, Àlexand · texte numérisé non relu

Lucien, Àlexand

On ne saurait dire à quelle époque les Barbares firent cette trouée jusqu'à Aquilée. 11 semble bien qu'on la doive placer entre ]69-6t 171, si Marc-Aurèle était alors à Tarmée, et si Rutilianus était auprès de lui comme commandant des troupes de la Mésie Supérieure, qu'il gouvernait en qualité de légat propréleur. La date de ce fait est antérieure au proconsulat d'Asie de Sévérianus (171-172) et postérieur à 1C9. Nous avons des médailles de cette année qui portent pour légende : Profectio Àugusti,

Mssé prendre aux prestiges de l'imposteur et parmi ces personnes, un certain Lépidus qu'une inscription honorifique nous apprend avoir été archiereus ou grand grêtre du temple de Rome et d'Auguste dans la province du Pont, et en même temps épistate de la métropole ^ Ce Lépidus était sans doute un libre penseur du temps, en dépit des fonctions, plus politiques du reste que religieuses, dont il était alors revêtu. Lucien songea même avec quelques autres à se porter accusateur d'Alexandre ; mais le légat du Pont et de la Bithynie, lié d'amitié avec Rutilianus, ou par crainte peutêtre d'un aussi grand personnage — on peut supposer que celui-ci était à ce moment même proconsul d'Asie — obtint qu'il renonçât à ce dessein, aJléguant qu'il ne pourrait le punir, quand bien même il serait convaincu d'imposture^. Le prophète mourut donc, si l'on peut

1. Cette inscription, très-mutilée, est ainsi rétablie dans le Corpus Inscript, Grscoritm^ au n° 4149 : O 5''îî{xo; Tiêtipiov KXaut^iov AeTrtt^ov AtTTi^cu uiov àp/^îspix TO'j novT&u enaraTYiv ^i t^; MyiTpoiroXEû); tou novTCii xat à'^opavou.YiaavTa irXeovaxa; xat èiii tû ttî; tcoXeû); i-^xBà (lioavTa aÉpti);. Les noms et prénoms sont certains, ainsi que les dignités mentionnées. Le nom de Ciaudius, peu lisible, se tire de Tinscription suivante, où il est fait mention de Claudia Lépida, fille de Ciaudius Lépidus et de Claudia Marianna. — N» 4150.

2. Les textes de loi ne manquaient pas à Lucien pour citer Alexandre. On lit en effet dans le cinquième livre des Sentences du jurisconsulte Paul : « Vaticinatores qui se deo plenos assimulant, idcirco civitate expelli placuit, ne liumana credulitate publici mores ad spem alicujus rei corrumperentur, vel certe ex co populares animi turbarentur... » Alexandre n*avait-il pas, dans une consultation, fait peser le crime de meurtre sur deux esclaves innocents, lesquels avaient été livrés aux bétes? (Lucien, Alex,^ 44.) Or la loi Cornelia de Sicariis et Veneficiis disait : a Lex Cornelia pœnam deporlationis infligit eis qui... faisum testimonium dixerint quo quis periret, mortisvè causam prœstite- Tint. » — Julii Pauli, Recept, sent,^ V, 23. ^ La même loi ne pu- DÎMait-elle pas de mort « magicae artis conscios » ? Ne punissait-elle pas et ceux qui consultent et ceux qui sont consultés « de summa rei publics >? — Ibid,, 18, 3. — Avec cela, les magiciens et les prophètes

dire sur son trépied. Plusieurs iDScriptions, deux trouvées près d'Âlba-Julia'y aujourd'hui Carslbourg, etaii&autre récemment découverte sur la rive gancàe du Yardar, dans l'ancienne Mésie Supérieure, attestent quelles racines la dévotion nouvelle eut alors. Le serpent Glycon, un serpent femelle et Alexandre y sont associés dans un même honunage aux phis grandes divinités du vieil Olympe, à Jupiter et à Junon'.

Enfin, im passage de l'Apologie d'Athénagore prouve qu'en 177 les statues d'Alexandre, mort quelques années auparavant, étaient encore l'objet d'un culte public ^ Parmi ses plus ardents adversaires, l'impoeteur d' Abonotichos comptait les chrétiens. Il avait trouvé çà et là quelque opposition dans la province ; il dédarar dans un oracle que le Pont était plein d'athées et de chrétiens, et qu'U fallait les chasser à coups de pierres, si l'on voulait gagner la faveur du dieu. De même, avant de commencer la célébration de ses mystères, il

couraient Tempire, et, au rapport de Dion Gassiai, le magiefen égyptien Ârnuphis, aux pratiques duquel on attribuait la plide nwrrailleuse du pays des Quades, était dans l'entourage de Mare-Aiirèle.

1. Corpus Inscript, Latinar», 1031, 1021. Ces deux inserfirtioi» votives à Glycon doivent être, ou peu s'en dut, contemporalna. Los noms propres et la formule identique, IVSSO DEI, semblait l'attester.

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